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Énergie - Environnement

Solaire : EDF Renouvelables prépare la fermeture définitive de Photowatt

Après avoir renoncé à vendre l’ex-fleuron du photovoltaïque à la start-up Carbon fin 2024, l’énergéticien prévoit d’en stopper l’activité, malgré plus de 500 millions investis.

Des salariés d’EDF Renouvelables sur le parc photovoltaïque de Manosque.
Des salariés d’EDF Renouvelables sur le parc photovoltaïque de Manosque. CHRISTOPHE SIMON / AFP

Bientôt le clap de fin pour Photowatt ? Après des mois de tergiversations, EDF Renouvelables envisage de fermer définitivement sa filiale dédiée à la fabrication de panneaux solaires photovoltaïques. Selon nos informations, un projet d’accord de méthode est en cours de discussion entre la direction du groupe et les syndicats. Son contenu ne fait guère de doute sur l’issue. Il s’agit d’élaborer les conditions de « cessation complète et définitive d’activité [d’EDF ENR PWT - le nom juridique de Photowatt] et de licenciement collectif pour motif économique de l’ensemble du personnel », indique le document préparatoire. Si le processus d’information consultation n’a pas encore été formellement lancé, deux réunions ont déjà eu lieu entre les parties, le 18 décembre et le 9 janvier, pour caler les modalités du plan social. Les discussions pourraient démarrer en février et s’achever au printemps. Un peu moins de 170 salariés travaillent actuellement dans l’entreprise, située à Bourgoin-Jallieu en Isère.

Rouleau compresseur chinois

Cette séquence clôt un chapitre de l’histoire de la production solaire photovoltaïque tricolore, dont Photowatt a longtemps été l’incarnation. Elle met aussi un terme à des années d’incertitudes pour les collaborateurs de la société, entrée dans le giron de l’énergéticien en 2012. À l’époque, c’est sous la pression de Nicolas Sarkozy - en pleine campagne pour sa réélection à la présidence - qu’EDF s’était vu imposer le rachat d’un Photowatt déjà en difficulté. Malgré sa reprise, l’entreprise n’a pu remonter la pente, enchaînant sans discontinuer les exercices en berne. « À raison de 25 à 30 millions de pertes par an, c’est plus de 500 millions qu’EDF a mis dans Photowatt sans succès, gage un spécialiste du secteur. Pour être compétitif dans un marché mondial écrasé par une Chine surpuissante et en surproduction, c’est sans doute en milliards, en bien plus tôt, qu’il aurait fallu investir. » De fait, le rouleau compresseur chinois ne faiblit pas : ses panneaux solaires à bas prix laminent le marché. En novembre, le prix du watt crête (Wc, l’unité de puissance d’un panneau solaire) a même encore chuté, passant sous le seuil jamais atteint de 6 centimes d’euros…

Ces trois dernières années, EDF avait cherché à maintes reprises des repreneurs potentiels pour Photowatt. En vain. En septembre, un projet de cession à la start-up Carbon avait été annoncé aux salariés, avant que la direction du groupe ne fasse marche arrière fin novembre. La jeune pousse lyonnaise prévoyait de faire sortir de terre à horizon 2025-2026, à Fos-sur-Mer, une giga usine de panneaux solaires d’une capacité de production de 5GW de cellules photovoltaïques, en s’appuyant sur Photowatt. Au-delà d’inquiéter les salariés, le projet, fragile, n’a pas convaincu. La start-up n’a par ailleurs toujours pas réussi à lever les fonds nécessaires à ses ambitions. Sans compter que le coût de cession n’était pas anodin pour EDF : l’énergéticien s’était engagé à prendre de nombreuses mesures de soutien (de l’ordre de plusieurs dizaines de millions d’euros) pour rendre viable la vente de Photowatt - cédé un euro - à Carbon.

Contacté, EDF précise ne pas faire de commentaires sur le sujet.