L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureRTE mis en cause après la mort d’espèces protégées
Le gestionnaire du réseau d’électricité est accusé de destruction d’animaux protégés lors de travaux d’élagages autour de ses pylônes
Sur le site internet de l’entreprise, le message est clair. « Avec 90% de ses installations situées en pleine nature, RTE a à cœur d’intégrer ses ouvrages et activités dans l’environnement ». C’est bien simple, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité « tient compte des enjeux écologiques dans chacune de ses décisions »... Malheureusement, parfois, la réalité ne suit pas. De la Meuse au Val-de-Marne, des associations accusent actuellement la filiale d’EDF de destruction d’espèces protégées. En cause ? L’entretien des pylônes, opéré dans des conditions parfois discutables. A Bar-le-Duc par exemple, Guillaume Leblanc ne décolère toujours pas. L’été dernier, son association, Lorraine Association Nature (dite LOANA) a pris sur le fait un prestataire de RTE. « Un de nos salariés était en prospection de cigognes noires quand il a constaté qu’une opération d’élagage était en cours », explique l’écologiste. Ce jour-là des agents s’occupaient d’une haie proche des pylônes pour éviter tout incident. « Le problème c’est qu’on était en pleine période de reproduction de l’avifaune, peste notre homme. L’entreprise sous-traitante a détruit des espèces protégées, en l’occurrence la pie-grièche écorcheur. » L’association a déposé plainte auprès de l’Office Français de la Biodiversité de la Meuse, sorte de police de l’environnement. Après ouverture d’une enquête, RTE, comme son sous-traitant, a été renvoyé en correctionnelle devant le tribunal judiciaire de Bar-le-Duc. Après divers renvois, une première audience devrait se tenir le 27 juin prochain.
Mais ce cas n’est pas isolé. Quelques semaines après l’affaire de Bar-le-Duc, un autre accident est survenu dans le Val de Marne cette fois. Là encore, lors d’un chantier de maintenance. « L’entreprise sous-traitante au moment de ramasser les déchets d’élagage a mis une vipère péliade dans la broyeuse avec les autres déchets végétaux », raconte une source proche du dossier. En clair, le prestataire a envoyé le digne représentant d’une espèce protégée à la poubelle. Alertée, l’association écologiste locale Office du Génie Écologique dite OGE a porté plainte. « L’enjeu sera de savoir si RTE a manqué à ses devoirs d’informer son sous-traitant de la présence d’espèce protégées ou si c’est une erreur isolée de l’entreprise prestataire », reprend notre témoin.
Selon nos informations, le parquet de Créteil a confié l’enquête à l’Office Français de la Biodiversité. « A l’issue des investigations, la société RTE et son gérant, qui ont reconnu les faits, ont été convoqués devant le délégué du procureur aux fins de mise en œuvre d’une mesure composition pénale le 5 septembre 2023 (ndlr : une alternative aux poursuites pénales) », nous précise le parquet. Sans commenter les cas exposés, l’entreprise admet que « malgré toutes les précautions portées à l’environnement, il peut arriver dans de rares cas qu’une opération de maintenance, menée par nos équipes ou ses sous-traitants, impacte une espace protégée ou son habitat. » Et la société de rappeler ses exigences environnementales : « Même rares, nous sommes conscients qu’il faudrait qu’ils soient inexistants, c’est pourquoi nous continuons de mener des partenariats avec des experts comme la LPO (depuis 2013) ou des démarches partenariales de gestion alternative de la végétation et nous faisons évoluer, avec nos prestataires, les méthodes et périodes d’intervention de façon à éviter tout risque de porter atteinte aux espèces protégées et à leur habitat. »