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Continuer la lectureDes pylônes électriques menaceraient de s’écrouler près de Paris
Les élus du personnel de RTE, le gestionnaire du réseau d’électricité, ont lancé une alerte officielle sur le danger posé par des poteaux en Seine-et-Marne. L’entreprise se veut rassurante.
C’est un signalement plutôt inquiétant que les élus du personnel de RTE viennent de déposer sur le registre officiel des dangers graves et imminents (DGI). À lire les lanceurs d’alerte, des pylônes de plusieurs lignes de 225 000 Volts, situés à Chelles (Seine-et-Marne) et dans ses environs, risqueraient de tomber dans cette zone « soumise à des contraintes fortes en matière de géologie, d’effondrements et d’affaissements du terrain. » Électrocution, explosion, incendie… Les conséquences pourraient être dramatiques. Moins grave mais tout de même gênant, une coupure de courant pourrait aussi survenir, alors que ces lignes électriques doivent alimenter les Jeux Olympiques de Paris 2024. Les élus du personnel s’alarment également de la vétusté de l’acier des pylônes et de l’état des blocs de ciment qui entourent leurs pieds. « Les agents de terrain ont fait des remontées d’alertes à maintes reprises et la direction n’a jamais bougé », dénonce un membre du CSE.
Pour l’entreprise, aucune raison de paniquer : la filiale d’EDF affirme à l’Informé avoir pris des mesures et s’appuyer sur des expertises. « Lors des dernières visites de contrôle des pylônes et des lignes électriques, RTE a détecté de potentiels nouveaux mouvements de terrain. Afin d’évaluer les éventuelles mesures de sécurisation qui seraient nécessaires, RTE a pris l’initiative de débroussailler une partie du terrain situé sous les lignes, de lancer une étude de sol et une expertise de toutes les installations présentes sur la Butte de Chelles. », nous explique le groupe. Il assure par ailleurs avoir strictement limité l’accès à la zone et informé la Ville de Chelles de l’installation de barrières supplémentaires le long des chemins grillagés pour empêcher toute intrusion sur les lieux. Contactée, la mairie de Chelles n’a pas répondu à nos sollicitations.
Suite au signalement sur le registre des DGI, une enquête a été réalisée par les élus du personnel, quelque peu sur leur faim. Dans leur rapport, ils expliquent : « L’employeur [nous] a interdit de pénétrer la zone et nous n’avons pas pu présenter les dégâts et les risques que nous identifions. Il a fait poser une barrière de sécurité. » À un détail près, cette barrière n’empêche pas l’accès aux riverains et salariés. Questionnée par ses élus sur les menaces, l’entreprise s’en remet aux autorités locales : « Si elles ont recensé des dangers sur ce terrain, elles n’ont pas émis de prescriptions particulières identifiant un réel danger dans cette zone », répond-elle. À propos d’un risque de chute en cascade des installations, RTE assure que « l’effondrement des pylônes est impossible. »
Les représentants des salariés ne partagent pourtant pas cet avis. « Ce scénario est tout à fait envisageable car les dispositifs spécifiques (anti cascade) utilisés pour éviter ce risque ne sont pas installés sur ce couloir des lignes 225 kV », observent-ils. La direction propose aux élus plusieurs mesures dont la pose de la barrière citée plus haut. Elle a également décidé « [d’interdire] toutes les interventions de maintenances préventives et curatives jusqu’à nouvel ordre. ». Pour finir, RTE souhaite une « expertise des installations [ainsi que] recourir à des experts géologue pour connaître l’état des sols, des experts quant à la fiabilité des lignes et des structures installées. » Pas de quoi satisfaire les élus du personnel : « L’employeur ne prend pas en compte la hauteur du risque parce qu’il n’a pas la mesure des dangers que les élus ont identifiés. »