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Continuer la lecturePetits réacteurs nucléaires : Otrera pousse ses pions au Japon
La start-up qui travaille sur un projet de petit réacteur modulaire mise sur l’appétence des Japonais pour la technologie qu’elle développe.
C’est presque un début de conquête de l’Est pour Otrera. La start-up aixoise, qui porte un projet de petit réacteur modulaire nucléaire d’une puissance de 105 MWe, poursuit sa recherche active de partenariats… loin de nos frontières. La société fondée en 2023 par Frédéric Varaine, un ancien du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), vient de jeter ses hameçons du côté du Japon, pour doper son projet d’Advanced Modular Reactor (AMR). L’entreprise, spin-off du CEA, ambitionne de mettre en service en 2032 une tête de série de mini-réacteur de 4e génération, censée être plus économe en combustible et plus sûre que ceux de la génération précédente.
Son AMR s’appuie sur la technologie des réacteurs à neutrons rapides (RNR) refroidis au sodium, dans laquelle croit le Japon. « Nous avons rencontré l’agence de l’énergie atomique japonaise (Japan Atomic Energy Agency - JAEA), qui pourrait être ouverte à la signature d’un protocole d’accord avec nous », précise Frédéric Varaine à l’Informé. L’idée n’est pas pour l’instant de chercher des financements mais plutôt de favoriser un partage d’expériences en matière d’innovation et de profiter des moyens d’essais conséquents dont dispose le pays du soleil levant dans le domaine. Un échange de bons procédés puisque le Japon, encore marqué par l’accident de Fukushima de 2011, avance à pas comptés sur une reprise à plus grande échelle de son nucléaire, qu’il s’agisse des grands ou des petits réacteurs.
Accord franco-nippon sur la filière sodium
Les lignes bougent cependant depuis quelques années. En 2019, le gouvernement nippon a par exemple relancé des programmes de recherche dans plusieurs filières technologiques innovantes, dont les RNR. Au printemps 2023, Paris et Tokyo ont aussi signé un accord de coopération nucléaire sur cette technologie spécifique des RNR au sodium, pour renforcer les liens en recherche et développement. En plus d’une coopération technique, les échanges entre la ministre de l’énergie de l’époque, Agnès Pannier-Runacher, et son homologue de l’économie et de l’industrie Yasutoshi Nishimura, ambitionnent de « construire une chaîne d’approvisionnement nucléaire robuste entre des pays partageant des valeurs communes ». Une formule qui vise implicitement la Russie, particulièrement en pointe sur la technologie des RNR au sodium.
Otrera finalise par ailleurs ses dernières discussions avec ses investisseurs. Le tour de table, qui doit être officialisé mi-juin, avoisinerait 2,3 à 2,5 millions d’euros. Plusieurs entreprises ont déjà fait part de leur intérêt comme ADF, le groupe REEL - Cnim Systèmes industriels, Ekium (filiale du groupe SNEF) et le génie civiliste NGE. D’autres réfléchissent à les rejoindre. Leur apport pourrait s’élever à hauteur d’un million d’euros environ. Le reste serait apporté par des fonds de venture ou encore par CEA Investissement, la filiale du Commissariat dédiée à la prise de participation directe dans les sociétés qui valorisent ses technologies.