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Continuer la lectureOPA d’EDF : l’AMF contrainte de clarifier sa communication sur l’actionnariat
Selon nos informations, l’Autorité des marchés financiers a dû réagir parce que des associations d’actionnaires l’ont interpellée à la suite d’un article de presse.
L’ambiance est électrique autour de l’OPA d’EDF. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a dû faire de la pédagogie, à la suite de son communiqué du 1er décembre. Celui-ci annonçait que l’État et Bpifrance avaient franchi, le 28 novembre, le seuil de 90 % des droits de vote d’EDF et de 85,12 % du capital, dans le cadre de l’OPA lancée il y a quelques jours par les pouvoirs publics sur le groupe énergétique. Dès le lendemain, ce vendredi 2 décembre, le gendarme des marchés financiers a publié un second communiqué : il rappelle que l’État doit disposer conjointement de 90 % des droits de vote et de 90 % des actions du groupe énergétique pour que l’opération lui permette de mettre la main sur les titres restants.
C’est ce qu’on appelle le droit de retrait. À l’issue d’une offre publique, si les titres non apportés à celle-ci représentent moins de 10 % du capital et des droits de vote, l’actionnaire majoritaire peut mettre en œuvre, sous trois mois, un retrait obligatoire sur ces actions. Les actionnaires minoritaires sont alors indemnisés et les titres de la société visée radiés du marché.
Si l’AMF a communiqué une deuxième fois aussi vite, c’est parce que des associations d’actionnaires salariés d’EDF l’ont interpellée par mail à la suite d’un article paru dans les Échos du 1er décembre, intitulé « Succès de l’OPA sur EDF ». Celui-ci expliquait par erreur (depuis reconnue par le quotidien) que « le gouvernement pourra en conséquence demander un retrait obligatoire de la cote ».
« En lisant cela, les détenteurs de titres du groupe ont pu croire que l’OPA était validée et être tentés de céder les leurs dans la foulée, l’État étant désormais en capacité d’exercer son droit de retrait », explique Hervé Chefdeville, secrétaire général d’Energie en actions, l’une des associations rassemblant les collaborateurs du groupe possédant des titres EDF. Les minoritaires sont d’autant plus vigilants qu’ils ont lancé un recours devant la justice pour contester le prix de 12 euros auquel l’État rachète les actions. Or en cas de droit de retrait, ce prix leur sera imposé. Une audience sur le fond est prévue le 5 décembre devant le tribunal de commerce de Paris, ainsi que l’a révélé l’Informé. « Si cessions il y a eu, il n’y aura pas de retour possible pour ces actionnaires minoritaires concernés », rappelle le secrétaire général.