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Continuer la lectureGrèves en vue chez Suez
Pas de trêve des confiseurs au sein du groupe spécialisé dans le traitement de l’eau et des déchets. Les syndicats appellent à la grève à la rentrée faute d’accord sur des augmentations salariales. Un recours peu courant dans cette entreprise.
Le groupe Suez aborde la fin de l’année dans un climat social tendu. Faute de parvenir à un accord avec la direction dans le cadre des négociations annuelles obligatoires, plusieurs organisations syndicales menacent de faire grève à la rentrée. Une mesure rare dans l’entreprise. La CFE-CGC, FO et la CGT annoncent des préavis dès les premiers jours de janvier. Raison de la grogne : le niveau d’augmentation salariale proposé par les ressources humaines à l’issue d’un round de discussions organisé entre novembre et décembre. « L’enveloppe globale n’atteint même pas les 6,2 % d’inflation, déplore Éric Guillemette, coordinateur groupe de la CFE-CGC. Et ce alors que les salariés viennent de montrer leur attachement à la société en souscrivant massivement au plan d’épargne groupe qui vient d’être déployé en décembre. »
De fait, l’augmentation du capital réservée aux collaborateurs, à travers deux plans baptisés « Go Suez classique » et « Go Suez multiple », a fait le plein. Alors que l’entreprise présidée par Sabrina Soussan avait réservé 118 millions de titres à cette fin (soit environ 3 % du capital), ce sont près de 140 millions d’actions qui ont été souscrites par les salariés. Une forte mobilisation que la direction assimile à un gage de confiance des troupes envers la feuille de route présentée cet automne.
Depuis le 1er février, la société est détenue par un consortium d’actionnaires composé des fonds Meridiam (40 %), Global Infrastructure Partners (GIP - 40 %), et le duo composé de la Caisse des dépôts et consignations et CNP Assurances (20 %). L’ouverture du capital aux collaborateurs avait été actée par l’assemblée générale des actionnaires le 28 juin et le cabinet Accuracy avait été mandaté comme expert indépendant pour déterminer la valeur du titre. Le montant de 1 euro par action avait été retenu pour cette opération, le même prix que celui payé par le consortium pour racheter à Veolia les actifs que celui-ci ne pouvait garder pour des raisons de concurrence.
Un autre motif de mécontentement est aussi pointé par les organisations syndicales : l’enveloppe d’augmentation proposée par la direction varie selon les business units (BU) de l’entreprise. La division « recyclage et valorisation » (déchets) tire son épingle du jeu avec une hausse de 6 %. Mais les entités « eau » et « traitement et infrastructures », confrontées à des difficultés structurelles et conjoncturelles liées notamment au renchérissement des coûts de l’énergie, se voient pour l’instant octroyer une hausse tout juste supérieure à 5 %.
La direction dit poursuivre les négociations.