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Continuer la lectureEDF planche sur la refonte de ses activités internationales
L’énergéticien projette de rassembler les équipes internationales de sa filiale EDF Renouvelables avec celles de la direction internationale de la maison mère.
Et de trois ! Après avoir remanié en profondeur son pôle nucléaire, puis engagé la transformation de ses activités digitales, EDF s’attaque à un nouveau chantier interne : selon nos informations, l’énergéticien travaille sur la réorganisation de ses équipes chargées du développement à l’international. Arrivé il y a un peu moins de deux ans aux manettes, Luc Rémont poursuit là sa refonte du groupe public de 180 000 salariés avec deux objectifs clairs : contenir sa dette de 55 milliards d’euros et faire face à l’impressionnante liste de défis qui l’attendent (6 réacteurs nucléaires EPR2 à construire d’ici 2043 et 50 GWe de capacité d’électricité d’origine renouvelable d’ici 2030).
Baptisé Boost (Business overall optimisation stronger together), le projet a été présenté aux managers la semaine dernière. Son déploiement, qui n’est pas attendu avant 2025, vise à rapprocher les activités internationales de sa filiale EDF Renouvelables de celles de la direction internationale (DI) d’EDF. Il s’agit là de clarifier son identité vis-à-vis des clients et partenaires étrangers, capitaliser sur les synergies (techniques, commerciales, géographiques…) et créer davantage de valeur. Plusieurs scénarios sont à l’étude : le transfert des équipes de la maison mère vers celles de la filiale, le mouvement inverse ou encore la création d’une nouvelle entité qui regrouperait l’ensemble des collaborateurs. Le groupe se laisse plusieurs mois pour consulter les partenaires sociaux et trancher, mais la première hypothèse pourrait avoir les faveurs de la direction.
Pour mettre en musique ce changement, la patronne d’EDF Renouvelables et directrice de la direction internationale du groupe Béatrice Buffon, vient de nommer douze « préfigurateurs ». La méthode est la même que celle utilisée par l’énergéticien pour redéfinir les contours et le fonctionnement de ses activités nucléaires et digitales. Ces top managers, chargés de réfléchir à la refonte, prendront ensuite vraisemblablement la tête des périmètres et domaines sur lesquels ils ont phosphoré. Cinq nouvelles aires géographiques ont ainsi été déterminées : la zone Europe, Asie centrale et Moyen Orient confiée à Cédric Le Bousse ; l’Afrique à Bénédicte Regnier ; l’Amérique du Nord à Tristan Grimbert ; l’Amérique latine à Marc Girard et l’Asie-Pacifique à Patrick Charignon. Pour les fonctions corporate, c’est Samuel Flamery qui « préfigurera » le secrétariat général, Jean-Philippe Salomé l’industrie ; Mohamed Taleb les finances ; Carole Trivi la com’ ; Kathleen Daems les ressources humaines ; Vincent Gayrard l’IT et Makreeta Lahti la stratégie.
De quoi augurer quelques ajustements dans la gouvernance d’EDF Renouvelables. Sur le papier, l’équilibre des forces est respecté : sur les douze préfigurateurs nommés, la moitié est issue des rangs de la maison mère et l’autre, de la filiale verte. Le document de présentation de Boost, que l’Informé a pu consulter, précise qu’il ne s’agit pas d’un projet « dans lequel une entité prend le leadership sur l’autre » et n’est pas « destiné à réduire les effectifs et les ambitions ». Mais la désignation de préfigurateurs venant d’EDF SA aux manettes des RH, des finances et du secrétariat général interroge cependant sur le devenir des responsables actuels de ces services côté renouvelable : Laetitia Villedieu et Elsa Gonse y sont arrivées en décembre. Quant à Antoine Genevois, il est en place depuis 2019. Les activités françaises - le solaire, l’éolien on-shore et off-shore -, de la filiale belge Luminus - placée directement sous la responsabilité de Béatrice Buffon - restent a priori en dehors du chamboule-tout.