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Continuer la lectureEDF : Luc Rémont a désigné celle qui pilotera sa feuille de route
Nommée il y a un mois, Chloé Pfeiffer a encore quelques semaines pour rendre sa copie. La direction doit présenter sa stratégie en juin.
Sa nomination début mars chez EDF s’est faite en toute discrétion. Pour autant, Chloé Pfeiffer n’y fera pas de la figuration : chargée de mission auprès de la Présidence, la recrue doit aider le nouveau PDG, Luc Rémont, à définir la future stratégie du groupe énergétique. Polytechnicienne passée par ...
Les premières grandes lignes de la feuille de route devraient être définies entre fin juin et début juillet. Les directions du groupe sont mobilisées pour faire remonter les informations et les managers ont été sollicités pour donner leur point de vue sur ce projet d’entreprise. Une enquête interne a été confiée en avril à Ipsos.
Pour le mastodonte tricolore de l’énergie, l’élaboration de cette stratégie est une gageure, tant EDF traverse une période compliquée. En décembre, la première ministre Élisabeth Borne a fixé trois priorités au successeur de Jean-Bernard Lévy, dans une lettre de mission dévoilée par Les Échos : rétablir la production d’EDF à la hauteur des capacités de son outil, maîtriser ses budgets pour les projets nucléaires en cours et redresser la trajectoire financière du groupe.
Chacune de ces priorités est en soi un défi. Côté production, l’entreprise espérait, en février, produire entre 340 et 370 TWH d’électricité d’origine nucléaire en 2023. Mais l’état du parc, confronté depuis des mois à des problèmes de corrosion sous contrainte, et les mouvements sociaux des agents contre la réforme des retraites, l’ont contraint de réviser ces chiffres à la baisse : elle ne prévoit plus désormais que 300 à 330 TWH. Pour rappel, le parc nucléaire produisait 350 TWH en 2020 et près de 430 en 2005…
La situation économique de l’entreprise reste par ailleurs ultra tendue. Son endettement atteint des records (65 milliards d’euros pour un chiffre d’affaires de 143 milliards d’euros), alors que les besoins en financement sont énormes : plusieurs programmes majeurs - et onéreux - sont en cours, comme le « grand carénage » visant à rénover et prolonger la durée des centrales. Quant au projet de construction de 6 réacteurs EPR annoncé par Emmanuel Macron, estimé à plus de 50 milliards d’euros, il va lui aussi devoir être financé. C’est d’ailleurs en raison de ces perspectives financières moroses qu’EDF avait décrété mi-avril un moratoire sur les embauches, comme révélé par l’Informé.