L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureGel des embauches chez EDF : les arbitrages vont commencer
Le moratoire sur les recrutements décidé par le groupe énergétique - révélé par l’Informé - va faire l’objet d’un premier arbitrage par le top management la semaine prochaine.
Le dilemme promet d’être cornélien. Après avoir annoncé en interne que les recrutements envisagés en 2023 allaient être temporairement suspendus, ainsi que l’a révélé ce mercredi l’Informé, EDF va passer à la phase délicate des arbitrages. Les directeurs des différentes entités du groupe ont été somm...
Les besoins en main-d’œuvre sont pourtant colossaux, tant EDF a de chantiers en cours : en plus du projet de rénovation et de prolongement « grand carénage », sur le parc des centrales actuelles, le programme de construction de 6 réacteurs de type EPR2, annoncé par l’exécutif oblige à une chasse active de nouveaux collaborateurs et de jeunes diplômés. À ce titre, la Direction du parc nucléaire et thermique (DPNT), pilotée par Cédric Lewandowski, et la Direction ingénierie et projets nouveau nucléaire (DIPNN), menée par Xavier Ursat, vont être gourmandes en effectif dans les prochaines années. C’est d’ailleurs chez elles que se concentre l’essentiel des quelque 8 000 embauches initialement envisagées par le groupe. Fin mars encore, la DIPNN (5 000 collaborateurs) donnait ainsi une cible de 500 recrutements en 2023 à l’occasion d’une conférence sur le nouveau nucléaire donnée devant Mines Alumni Paris, l’association des anciens élèves des Mines de Paris. Mais certaines directions comme la Direction transformation et efficacité opérationnelle (DTEO), qui recouvre les achats, l’immobilier ou encore les systèmes d’information, pourraient avoir plus de mal à défendre leurs périmètres.
En interne comme en externe, ce gel inattendu des embauches, motivé par la fragilité financière de l’entreprise, a fait l’effet d’une douche froide. En février, EDF a annoncé un endettement de 65 milliards d’euros, un résultat net part du groupe négatif de 17,9 milliards d’euros, pour un chiffre d’affaires de 143 milliards d’euros en 2022. S'est ajouté à ces mauvais résultats, un début d’année compliqué : les coûts liés à la baisse de production des réacteurs consécutifs aux mouvements sociaux engagés par les agents EDF contre la réforme des retraites depuis janvier, ont été chiffrés par le groupe à un milliard d’euros.