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Énergie - Environnement

Conseil d’administration d’Engie : les syndicats font plier Jean-Pierre Clamadieu

Après avoir poussé un candidat favorable à la direction pour le poste d’administrateur représentant les actionnaires salariés, le président d’Engie a fait marche arrière.

Jean-Pierre Clamadieu, président d’Engie
Jean-Pierre Clamadieu, président d’Engie STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La publication au Journal officiel, le 28 février, des propositions de résolutions soumises au vote de l’assemblée générale (AG) d’Engie du 24 avril prochain a de quoi surprendre les salariés actionnaires de l’énergéticien. Les noms proposés pour représenter les fonds communs de placement d’entreprise (FCPE) au conseil d’administration du groupe ne sont finalement pas ceux attendus ! Après un imbroglio qui a duré toute la semaine passée, le président Jean-Pierre Clamadieu a finalement changé son fusil d’épaule sous la pression des organisations syndicales.

Ainsi que l’avait raconté l’Informé, la désignation de l’administrateur représentant les actionnaires salariés (ARSA) au board d’Engie faisait l’objet d’un bras de fer entre partenaires sociaux et direction. Le titulaire peut être le profil proposé par le FCPE des collaborateurs tricolores du groupe (Link France) ou celui du FCPE des salariés travaillant à l’étranger (Link International). Dans les faits, c’est généralement le premier qui est désigné. Mais pour choisir celui-ci, les membres du conseil de surveillance représentant la direction avaient pris part au vote, faisant basculer le résultat en faveur de la candidate de l’association AG2S - Chantal Bouessay, soutenue par le top management - et entraînant l’éviction de celui porté par les organisations syndicales, Gildas Gouvazé (FO). La manœuvre permettait in fine à Jean-Pierre Clamadieu de s’assurer une majorité de 8 voix sur les 14 du conseil d’administration du groupe.

Un coup de force mal vécu par les partenaires sociaux, qui ont jugé ce procédé contraire aux principes de bonne gouvernance prévus par la loi Pacte. La convocation, le 18 février, d’un conseil de surveillance extraordinaire de Link France, demandée à leur initiative, a donné le ton de leur riposte. Réaffirmant leur opposition à la participation de la direction à la désignation de l’ARSA, les syndicats ont fait savoir lors de la réunion qu’ils étaient prêts à contester les résultats de ce scrutin devant la justice… De quoi inciter la direction à rétropédaler : ses membres n’ont finalement pas pris part au vote. Le conseil de surveillance du FCPE Link France a donc choisi le représentant FO, dont la candidature a été avalisée, le 25 février, par le Comité des nominations, des rémunérations et de la gouvernance d’Engie.

À noter, le conseil d’administration d’Engie a ajouté une mention particulière dans les résolutions qui seront examinées le 24 avril, rompant avec la neutralité habituelle de présentation des candidats. Après avoir pourtant tout fait pour qu’il ne soit pas élu, le board invite étonnamment les actionnaires à privilégier la candidature du FCPE tricolore - Gildas Gouvazé -, plutôt que celle de Stefano Bassi, représentant du fonds Link international

Contactée, la direction d’Engie précise à l’Informé ne pas faire de commentaires.