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Énergie - Environnement

Clap de fin pour Patrick Landais, le Haut-Commissaire à l’énergie atomique

Patrick Landais, nommé en 2019, n’effectuera pas de second mandat à ce poste stratégique. Le choix de son successeur sera déterminant pour l’avenir de la filière.

Patrick Landais
Patrick Landais Patlandais (Wikimedia commons)

La mise en musique de la politique nucléaire tricolore continue de faire phosphorer au sein de l’exécutif. Alors que des projets de relance de la filière se multiplient, le sort de l’actuel Haut-Commissaire à l’énergie atomique, Patrick Landais, est scellé. Celui-ci ne fera pas de second mandat et partira en retraite le 30 janvier. Le profil de son successeur, choisi par le président de la République, en dira beaucoup sur la façon dont l’exécutif entend s’appuyer, ou non, sur cette fonction pour déployer sa feuille de route nucléaire.

En désignant Patrick Landais, en février 2019, Emmanuel Macron avait déjà donné le ton : l’intéressé, docteur en géosciences issu du CNRS, n’était pas un pur produit du sérail nucléaire. Et s’il avait côtoyé la filière lors de son parcours professionnel, c’était du côté de la gestion des déchets, en tant que directeur de la recherche de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Comme Haut-Commissaire à l’énergie atomique, Patrick Landais s’est montré plutôt discret. Beaucoup plus en tout cas que son rugueux prédécesseur Yves Bréchet.

Ce poste, créé après la deuxième guerre mondiale, n’a pourtant rien d’anecdotique : en plus de sa mission de conseiller de l’administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), le Haut-Commissaire est aussi censé éclairer l’Élysée, Matignon et ses ministères de tutelles (recherche, armées, écologie) sur le volet scientifique des questions nucléaires, civiles ou militaires. Indépendant hiérarchiquement du CEA, il est aussi chargé de veiller à l’intégrité des moyens concourant à la dissuasion ou au contrôle de la gestion des stocks de plutonium.

Multitude de chantiers

La nomination du remplaçant de Patrick Landais va survenir dans une période d’arbitrages décisifs pour le nucléaire français. Rompant avec la politique de François Hollande, Emmanuel Macron a annoncé en février 2022 le lancement d’un programme de construction de 6 à 14 EPR2 et l’allongement de la durée de vie des centrales existantes. Et pour les faire aboutir plus rapidement, un projet de loi visant à simplifier les procédures d’installation de ces réacteurs est en cours d’examen au parlement. Il a été adopté le 24 janvier par les sénateurs. D’autres chantiers moins visibles mais tout aussi cruciaux attendent aussi des décisions au sommet de l’État. C’est le cas du réacteur de recherche Jules Horowitz (RJH) à Cadarache, dont le coût et les délais s’alourdissent. C’est aussi celui du programme de d’assainissement-démantèlement des anciennes installations nucléaires françaises. Ce chantier qui incombe au CEA exige toujours plus de temps et de financement. L’entente entre le prochain haut-commissaire et l’actuel administrateur général du CEA, François Jacq, sera déterminante. De même que la qualité de relation qu’il nouera avec Joël Barre, récemment nommé Délégué interministériel au Nouveau Nucléaire.