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Énergie - Environnement

CEA : un nouveau patron pour démanteler et assainir les sites nucléaires

Le remplaçant de Vincent Gorgues devra gérer la fin de vie d’une quarantaine de réacteurs de recherche, labos et ateliers.

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STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

À l’heure où les discussions s’intensifient sur le lancement des futurs EPR2 et petits réacteurs modulaires, le sujet de l’assainissement et du démantèlement (AD) des installations nucléaires définitivement arrêtées reste sous les radars. Il est pourtant l’une des priorités du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), qui se doit de démonter la quarantaine de réacteurs de recherche, laboratoires et autres ateliers d’uranium enrichi qu’il a exploités en 80 ans d’existence.

Depuis une dizaine d’années, cette activité cruciale était chapeautée par un homme clé, Vincent Gorgues. Directeur stratégique des programmes de démantèlement en 2015, il avait pris la tête en 2021 de la maîtrise d’ouvrage (MOA) de l’AD, chargée de définir les grandes lignes de ce vaste plan de démontage des sites arrêtés et de gestion des déchets. Mais il a quitté l’organisme en février dernier pour rejoindre le Haut-commissaire à l’énergie atomique, Vincent Berger, comme directeur de cabinet. Pour le remplacer, le CEA a fait appel, selon nos informations, à un profil interne, Sylvain Lavarenne, autrefois passé par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Celui-ci continuera de travailler avec Christophe Oudot, directeur des projets de démantèlement, chargé de l’exécution du programme.

La mission reste éminemment complexe, l’assainissement-démantèlement se déclinant très différemment selon les installations (réacteurs de recherche, labos…) et nécessitant une préparation amont très avancée (investigations, cartographies, faisabilité…). L’AD recouvre aussi la gestion des déchets issus de ces infrastructures, déchets qui doivent ensuite être conditionnés et évacués vers des filières dédiées. Problème : avec des dizaines d’installations à démanteler et un budget limité à 740 millions d’euros par an, le programme a des allures de mission impossible. En 2016, compte tenu de l’ampleur du plan et des retards pris dans son exécution, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait contraint l’organisme à fournir une mise à jour de sa stratégie. Un rééchelonnement des opérations à conduire avait été accordé en 2019 par le gendarme du nucléaire. Mais la priorisation des chantiers reste sous étroite surveillance et les rappels à l’ordre réguliers. Dans son rapport 2022, l’ASN pointait ainsi de nouveaux « reports d’échéance concernant la gestion des déchets, y compris pour des opérations considérées comme prioritaires »...