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Finance - Conseil

La mauvaise affaire de BC Partners avec la société de recouvrement iQera

Le fonds britannique va être contraint de céder les clés du numéro 1 français du secteur à son principal créancier. Il y a trois ans, il espérait pourtant revendre sa participation sur la base d’une valorisation d’au moins 1 milliard d’euros.

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Depuis plusieurs mois, l’inquiétude était de mise chez les 2 300 employés d’iQera, ciblé par un projet de restructuration financière piloté par Rothschild & Co. Les choses se sont décantées cette semaine : le numéro un français du recouvrement de créances, dans l’incapacité de faire face aux échéances de sa dette d’environ 600 millions d’euros, va faire évoluer son actionnariat. Comme la société l’a discrètement annoncé, BC Partners (71 % du capital) et Montefiore Investment, conseillés par Latham & Watkins, vont finalement perdre l’intégralité de leur mise en cédant les rênes de l’entreprise à Arrow Credit Opportunities II, un fonds géré par une filiale d’Arrow Global. Quelques mois plus tôt, ce spécialiste britannique des rachats de prêts non performants et d’actifs bancaires (un concurrent d’iQera) avait repris à bas prix une part importante des obligations à haut rendement du français, dont 35 % - soit 210 millions d’euros - seront transformés en capital, comme le prévoit l’accord de lock-up signé ce lundi 9 décembre.

Selon nos informations, la perte est évaluée à plus de 160 millions d’euros pour BC Partners, qui avait racheté iQera (anciennement MCS) en 2017 sur la base d’une valorisation de 382 millions d’euros. « La perte reste relativement modeste pour un fonds comme BC Partners, souligne un proche du dossier, mais elle laisse un goût amer lorsque l’on pense à la tentative de vente menée en 2022, qui aurait pu permettre au gérant de passer le relais sur la base d’un prix de plus d’un milliard d’euros. » Comment en est-on arrivé là ? Après la pandémie de Covid-19, la politique du « quoi qu’il en coûte » voulue par l’exécutif a sauvé une multitude d’entreprises, faisant fondre le nombre de dépôts de bilan même chez les plus fragiles d’entre elles… Un coup violent porté au business model de iQera du par ailleurs pénalisé par la hausse du niveau d’épargne des ménages. Les banques, de leurs côtés, n’ont plus eu besoin de vendre au rabais des portefeuilles de créances douteuses. Or leur rachat représentait historiquement un pan important de l’activité d’iQera. Enfin, le groupe a enregistré une hausse importante de ses coûts de financement. Un effet ciseaux touchant l’ensemble du secteur.

Le numéro un européen de ce marché, le suédois Intrum (soutenu par Nordic Capital), est de fait lui aussi dans la tourmente. En moins de trois ans, son cours de Bourse a dévissé de plus de 90 %, le contraignant à se déclarer en faillite aux Etats-Unis, dans le but de restructurer sa dette de près de 4,5 milliards de dollars. Son concurrent britannique Lowell, propriété de Permira et de l’Ontario Teachers’ Pension Plan, fait aussi face à un mur de dette évalué à 3,6 milliards d’euros, tandis que l’italien DoValue, épaulé par l’américain Fortress, a vu sa cotation fondre de plus de 92 % en l’espace de cinq ans.