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Finance - Conseil

Kazakhgate : l’ancien représentant de Sarkozy en Asie centrale jugé pour fraude fiscale aggravée et blanchiment

L’ex-sénateur UDI Aymeri de Montesquiou, qui aurait reçu des commissions en marge d’un contrat d’hélicoptères, est accusé par le PNF d’avoir dissimulé d’importantes sommes au fisc.

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BEHROUZ MEHRI / AFP

Depuis plus de dix ans, le scandale politico-financier du Kazakhgate n’en finit pas de rebondir. Selon nos informations, l’un de ses protagonistes, l’ex-sénateur UDI Aymeri de Montesquiou, comparaîtra le 3 juillet devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris aux côtés de l’homme d’affaires Jean-Claude Chalhoub. Le Parquet national financier (PNF) l’accuse de fraude fiscale aggravée, de blanchiment de fraude fiscale aggravée et de déclaration inexacte ou mensongère à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Selon nos sources, Aymeri de Montesquiou aurait esquivé au moins 667 163 euros d’impôt sur le revenu en 2016 et 2017. Tout d’abord en ouvrant des comptes en Suisse et au Luxembourg auprès des banques UBP et Catella. Puis en souscrivant de faux prêts auprès de Jean-Claude Chalhoub et de ses sociétés (notamment Risk Management SAL au Liban) ainsi qu’auprès de Susie Dhamasaroj. Et, enfin, en dissimulant à Bercy des sommes versées par la société Tasliff et le produit de la vente d’œuvres d’art.

137 649 euros auraient ainsi été versés sur un compte luxembourgeois chez Catella. 677 000 euros auraient été dissimulés au moyen de trois faux contrats de prêt conclus avec la société Risk Management SAL de janvier à juillet 2016, raison pour laquelle Jean-Claude Chalhoub est également poursuivi. 410 000 euros auraient été dissimulés via un autre faux emprunt auprès de Susie Dhamasaroj. Aymeri de Montesquiou aurait également omis, dans ses déclarations à la HATVP, la somme détenue dans la banque Catella, son compte en Suisse chez UBP (au moins 735 000 euros) ainsi que des œuvres d’art facturées 700 000 euros.

« Monsieur Aymeri de Montesquiou (...) contestera avec vigueur les infractions qui lui sont reprochées dans la mesure où elles n’apparaissent fondées ni en fait ni en droit », indique son avocat Me Thomas Amico, contacté par l’Informé. « Le PNF lui impute notamment des faits de fraude fiscale et de blanchiment portant sur des sommes antérieurement et régulièrement déclarées auprès de l’administration fiscale et sur lesquelles il s’était déjà acquitté des impôts et majorations dus. La réalité du dossier risque d’être bien différente de l’histoire que le PNF essaie de conter. »

En toile de fond, Aymeri de Montesquiou est soupçonné d’avoir joué les intermédiaires dans une vente d’hélicoptères, de locomotives et de satellites français au Kazakhstan en 2009, pour deux milliards d’euros, alors qu’il était conseiller de Nicolas Sarkozy pour l’Asie centrale. Ce sont les omissions présumées dans sa déclaration à la HATVP qui ont conduit celle-ci à transmettre son dossier au PNF, en 2015. Lui et Jean-Claude Chalhoub restent présumés innocents.

Article mis à jour le 24 juin à 17h50 avec une modification dans le titre sur le rôle de Aymeri de Montesquiou auprès de Nicolas Sarkozy.