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Finance - Conseil

Île-de-France : Valérie Pécresse anticipe plus de 7 milliards de dettes, la formation sacrifiée

L’Informé s’est procuré le rapport d’orientations budgétaires qui détaille les futures finances de la région. Sa présidente craint les efforts financiers demandés par l’État et compte faire des économies.

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THIBAUD MORITZ / AFP

Valérie Pécresse a eu le mérite d’annoncer la couleur. Jeudi 6 novembre sur BFMTV, la présidente de la région Île-de-France a déclaré « ne plus avoir assez d’argent » pour tenir ses engagements auprès des Franciliens. Et la candidate à la présidentielle de 2022 de rejeter la faute sur Sébastien Lecor...

L’Informé s’est procuré un document confidentiel qui semble confirmer la tendance : le rapport « d’orientations budgétaires 2026 » de la région Île-de-France qui détaille par le menu la situation financière - passablement dégradée - de la collectivité, notamment sur sa partie recette. Le texte sera débattu en séance plénière le 19 novembre, et suivi d’un vote sur le budget à la mi-décembre.

Dès son préambule, le texte prévient : « le budget 2026 de la Région s’ouvre une nouvelle fois dans un contexte d’incertitudes où l’État compte poursuivre, voire amplifier, la remise en cause des moyens et de l’autonomie fiscale de notre collectivité. » Concrètement, selon les premières estimations, ce sont au total « 177 millions d’euros de recettes que l’État entend soustraire à la Région ». Un montant encore provisoire puisqu’il est l’objet de négociations entre Valérie Pécresse et Sébastien Lecornu, mais qui risque d’être largement supérieur à l’effort déjà demandé en 2025, établi à 130 millions d’euros.

À cette première ponction s’ajoute la difficulté pour la région à évaluer les recettes fiscales qu’elle pourra tirer de l’activité économique. En effet, la collectivité touche une partie de la TVA perçue par l’État, ce qui constitue l’une de ses principales ressources. Or, les premiers indices laissent entrevoir « une dynamique de TVA inférieure aux prévisions initiales ». L’association Régions de France a sollicité les services de Bercy pour tenter d’y voir plus clair. Ces recettes représentaient 1,81 milliard d’euros en 2024. Elles pourraient chuter à 1,76 milliard d’euros l’année prochaine, selon le rapport, soit une perte sèche de 50 millions d’euros. Dernière hypothèse à l’étude par le gouvernement : un gel des montants de TVA perçus en 2025 pour gagner en visibilité financière. Les autres dotations de l’État sont, pour leur part, soit figées, soit en légère baisse. Au total, la région table sur 1,37 milliard d’euros de recettes en la matière.

Bataille contre Bercy sur la péréquation

Valérie Pécresse a un autre cheval de bataille : le principe de péréquation qui contraint chaque année sa collectivité à aider les autres régions au nom de la solidarité nationale. « Ce sont près de 1,1 milliard d’euros de manque à gagner pour l’Île-de-France sur la mandature » indique le rapport. L’édile régionale se plaint d’être « la contributrice quasi-exclusive à la péréquation régionale », soit 97% de la totalité des fonds reversés. La région avait saisi en 2023 le tribunal administratif de Paris et le Conseil d’État pour s’opposer au nouveau mode de calcul de Bercy. Ces recours avaient été rejetés mais la direction des affaires financières de la collectivité s’autorise le droit de « contester la péréquation par d’autres voies ».

Une dette en hausse

Quel que soit le résultat de cette procédure, cette disette budgétaire va mécaniquement accentuer l’endettement de la région à court terme. « Fin 2025, le niveau de la dette s’élèvera à 7,3 milliards d’euros » note le rapport, contre 6,9 milliards d’euros fin 2024. Quant à l’épargne brute – c’est-à-dire l’écart entre les recettes et les dépenses réelles de fonctionnement – elle se contracte dangereusement. Si tant est que « le besoin de financement passerait de 438,1 millions d’euros en 2025 à 797,6 millions d’euros en 2026. »

Ces mauvais chiffres contraignent Valérie Pécresse à tailler un peu plus dans les dépenses de fonctionnement, autour de 3% l’année prochaine. Pour ce faire, l’élue compte supprimer 50 postes dans les effectifs du siège ainsi que dans ceux des organismes associés. Cet effort passera également par une baisse significative des crédits liés à la formation professionnelle, l’une des compétences principales de la région. Une diminution de près de moitié ! Le budget consacré va passer de 304 à 147 millions entre 2025 et 2026.

En revanche, la politique de transport devrait être épargnée. La contribution que verse l’Île-de-France à la régie de transport (IDFM) passera de 793 à 822 millions d’euros. Il en va de même pour les dépenses des lycées, qui vont rester stables, aux alentours de 195 millions d’euros.

Contactée, la région n’a pas souhaité faire de commentaire à date de publication.