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Continuer la lectureEducation : Le Pôle Léonard de Vinci est en vente
Les propriétaires de l’ex-fac Pasqua ont mandaté une banque d’affaires en vue de céder le contrôle de ses écoles à un autre groupe du secteur.
Le Pôle Léonard de Vinci sera-t-il le prochain groupe d’éducation supérieur à changer de main ? Les actionnaires familiaux de l’ex-fac Pasqua ne seraient pas contre ! Selon nos informations, ils ont accordé un mandat de cession à la discrète banque d’affaires Edmond de Rothschild Corporate Finance, qui prévoit de diffuser des mémorandums d’information dès les premiers jours de 2024. De nombreux acteurs du secteur devraient être au rendez-vous. La perspective d’un adossement serait une mini-révolution pour le Pôle Léonard de Vinci.
Initialement, le groupe présidé par Pascal Brouaye - qui réunit l’école de commerce EMLV, l’école d’ingénieurs ESILV et l’école de web & multimédia IIM - privilégiait plutôt l’entrée d’un fonds ou d’un family office. Mais, si ce scénario n’est pas exclu, il a pris du plomb dans l’aile depuis la démission du directeur général, Sébastien Tran. Ce dernier quittera officiellement la structure le 22 décembre et prendra la direction d’Audencia en janvier, en lieu et place de Christophe Germain (parti chez Skema Business School), a appris l’Informé. Une modification de la gouvernance rarement appréciée par les fonds, ces derniers se basant notamment sur la stabilité et la performance des dirigeants pour valoriser un actif à sa juste mesure.
La santé financière du Pôle Léonard de Vinci n’a, elle, jamais été aussi solide. Avec près de 10 000 étudiants par an, l’établissement affiche près de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et un Ebitda de plus de 20 millions d’euros. Une métamorphose pour un groupe qui a vu le jour en 1996 sous l’impulsion de Charles Pasqua, alors à la tête du Conseil général des Hauts-de-Seine. À l’époque, il dépendait intégralement des subventions du département - lequel s’est progressivement retiré jusqu’à une coupure complète des subsides publics en 2012.
« Aujourd’hui, la pépite du groupe est indéniablement l’école d’ingénieurs, estime un bon connaisseur du secteur. Tous les concurrents en rêvent. » En changeant de mains, les établissements de l’ex-fac Pasqua auront simplement à quitter le statut d’association pour celui de Société anonyme, comme ce fut le cas pour l’EM Lyon en 2018. Marchant dans les pas de l’école lyonnaise, le Pôle Léonard de Vinci pourrait ensuite adopter le statut d’entreprise à mission.
L’âge d’or des transactions dans le monde de l’éducation est néanmoins passé. Cette année, les écoles de Mediaschool, propriétés de Franck Papazian, n’avaient pas trouvé preneur au prix escompté, comme l’avait révélé l’Informé cet été. Plus récemment, Ardian, détenteur du vaste réseau d’écoles d’AD Education (35 000 étudiants), a discrètement sondé le marché mais n’a pas réussi à revendre sa participation pour 19 fois l’Ebitda (un multiple correspondant pourtant au LBO de 2020). Ce dernier s’est vu remettre des propositions ne dépassant pas le cap des 17 fois l’excédent brut, soit 1,5 milliard.