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Finance - Conseil

CAC 40 : les patronnes toujours bien moins payées que les patrons. Partie 1.

Tous réunis, les patrons du CAC40 ont perçu 263 millions d’euros de salaire en 2023 d’après le palmarès exclusif de l’Informé. Focus aujourd’hui sur la deuxième moitié du classement, où figurent les trois seules dirigeantes du CAC 40...

Christel Heydemann, directrice générale du groupe Orange
Christel Heydemann, directrice générale du groupe Orange ERIC PIERMONT / AFP

Le 26 mai dernier, Alexandre Bompard a pu pousser un ouf de soulagement ! À l’occasion de l’assemblée générale de Carrefour dont il est le PDG depuis 2017, les actionnaires venaient d’adopter la 10e résolution, celle qui validait sa rémunération 2023. Mais le couperet est passé près puisqu’elle n’a recueilli que 56,75 % de votes favorables. Un pourcentage particulièrement bas pour ce genre de scrutin et en constante dégringolade au fil des ans (60,60 % en 2022, et 63,25 % en 2021). Même Élise Lucet est venue l’enquiquiner en lui demandant, sous les vivats des syndicalistes présents dans la salle, pourquoi sa fiche de paie a progressé de 26 % depuis 2018 « alors qu’en parallèle vous avez supprimé 10 000 postes et que 20 000 salariés ont été contraints de quitter le groupe pour passer en location-gérance ».

Pas de doute, la rémunération d’Alexandre Bompard est de moins en moins acceptée. Pourtant, à 4,4 millions d’euros annuels, l’ancien boss de la Fnac est loin d’être le mieux payé du CAC 40 comme le montre le palmarès réalisé par l’Informé. Les 43 dirigeants qui y figurent (voir méthodologie plus bas) affichent un salaire cumulé de 263 millions d’euros, soit une moyenne de 6 millions d’euros.

Avant de vous dévoiler dans les prochains jours l’intégralité de notre classement, concentrons-nous donc sur les patrons les plus « modestes » d’entre eux si l’on peut dire. C’est Gilles Martin, PDG des laboratoires d’analyse Eurofins qui clôt la marche avec tout de même autour de 100 000 euros par mois. Peut-être parce que le laboratoire d’analyses n’a fait son entrée dans le CAC40 que fin 2021 ? Peut-être aussi parce qu’Eurofins a versé l’an dernier un dividende de 63 millions d’euros à son principal actionnaire… la famille de Gilles Martin.

Estelle Brachlianoff (Veolia Environnement), Christel Heydemann (Orange) et Catherine MacGregor (Engie) n’ont malheureusement pas un tel lot de consolation. S’il n’est pas nouveau, le constat reste terrible : les trois seules femmes dirigeantes du CAC 40 figurent toutes dans la deuxième partie de notre palmarès avec des rémunérations respectives de 1,6, 2 et 3,7 millions d’euros. Bien sûr, pas de quoi faire pleurer dans les chaumières mais c’est en moyenne, 2,6 fois moins que les hommes !

Loin d’être respectée entre les sexes, l’égalité ne l’est pas non plus à l’intérieur d’un même secteur d’activité. Si les dirigeants de Safran et Thales se talonnent dans l’armement avec respectivement 2,86 millions et 2,87 millions, il n’en est rien dans la banque. Jean-Laurent Bonnafé (BNP Paribas) gagne ainsi deux fois plus que ses homologues du Crédit Agricole et de la Société Générale, Philippe Brassac et Frédéric Oudéa.

L’écart est même encore plus grand dans l’automobile où l’on a l’impression de comparer une Dacia (toutes options) et une Maserati dès lors que l’on aborde les salaires de Luca de Meo (Renault) et de Carlos Tavares (Stellantis). À 4,5 millions d’euros, la rémunération du premier est plus de quatre fois inférieure à celle de son homologue. Vous découvrirez dans le prochain épisode de notre série si cela suffit à Tavares pour dominer notre palmarès.

Méthodologie
Nous avons pris en compte les rémunérations attribuées (et non versées) en 2022. Elles incluent donc les bonus liés à l’exercice 2022 mais versés en 2023. Elles incluent pareillement les attributions d’actions ou d’options décidées en 2022 mais qui deviendront disponibles ultérieurement. Les dispositifs de retraite (chapeau et autres) n’ont pas été pris en compte.

À suivre : Charlès, Julien, Tavares, … les patrons les mieux payés du CAC 40