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Continuer la lectureBpifrance : Nicolas Dufourcq finalement candidat à sa propre succession
Le directeur général de la banque publique a choisi de briguer un troisième mandat. Ce sera à l’Elysée de trancher.
Il y a quelques mois encore, beaucoup le disaient sur le départ. Pourtant, selon nos informations, Nicolas Dufourcq est prêt à briguer un troisième mandat à la tête de Bpifrance, en février prochain. Le directeur général de la banque publique d’investissement a fait savoir en interne son intention de candidater à sa propre succession, selon plusieurs sources. Contacté par L’Informé, l’intéressé n’a pas répondu. L’organisme, filiale de l’Etat et de la Caisse des Dépôts, n’a pour l’instant connu que lui comme patron. Cet ancien directeur général adjoint de Capgemini a été propulsé aux commandes dès 2013, lorsque Bpifrance est né du rapprochement entre Oséo, CDC Entreprises et le Fonds stratégique d’investissement.
Air France KLM, Orange…
En un peu moins de dix ans, le DG aura été donné partant à de nombreuses reprises. Il avait été cité parmi les successeurs potentiels d’Alexandre de Juniac à la tête d’Air France-KLM en 2016. Il faisait aussi partie des pressentis pour prendre la suite de Stéphane Richard chez Orange cette année. Son nom figurait même sur les listes de ministrables fin mai… A écouter les mauvaises langues, il rempilerait donc par défaut ? « Nicolas Dufourcq donne vraiment l’impression de prendre du plaisir dans sa mission, assure un cadre de Bpifrance. Je ne pense pas que l’argent ou la gloire soient ce qu’il recherche le plus. » Sa rémunération annuelle de 450 000 euros fait effectivement un peu chiche comparée aux salaires des grands patrons du privé…
En tous cas, celui qui était un parfait inconnu à son arrivée a su largement imprimer sa marque. « C’est un excellent communicant, il incarne véritablement Bpifrance, ose même un investisseur. Il a su faire respecter la maison, s’imposer face à ses actionnaires comme dans le monde économique, notamment auprès des fonds de private equity. Ce n’était pas gagné. » Les chantiers n’ont pas manqué depuis 2013, de la montée en puissance de la French Tech à la gestion des effets du Covid. Ces derniers temps, l’Etat a notamment chargé l’organisme de mettre en place des garanties sur les PGE et de déployer le plan d’investissement France Relance.
La partie est-elle pour autant gagnée ? D’autres candidats sortiront-ils du bois ? Quelques noms ont déjà circulé, comme Fleur Pellerin, l’ex-ministre du numérique, ou Fanny Letier, ancienne membre du comité exécutif de la banque publique, chacune étant aujourd’hui à la tête de leur propre société d’investissement. Quel que soit le nombre de concurrents, la décision de prolonger Nicolas Dufourcq dans ses fonctions reviendra à l’Elysée. La désignation obéit à la procédure décrite par l’article 13 de la constitution. Le chef de l’exécutif soumet un nom aux commissions des finances du Sénat et de l’Assemblée nationale. Après audition du candidat, celles-ci émettent un avis. Si plus des trois cinquièmes des deux commissions s’expriment contre, le Président doit s’incliner et trouver un autre prétendant. Mais avant de trancher le cas de Bpifrance, Emmanuel Macron va devoir faire un choix pour la Caisse des Dépôts, dont le directeur général, Eric Lombard, voit lui aussi son mandat arriver à échéance… le 7 décembre.