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Continuer la lectureSepteo : l’État s’inquiète de l’emprise des fonds étrangers
Bercy et la DGE vont se saisir du dossier, à l’heure où la championne des signatures électroniques prépare l’entrée d’un nouveau fonds.
Le dossier Septeo est scruté de près par Bercy. Comme l’a révélé l’Informé la semaine dernière, l’éditeur de logiciels à destination des avocats, notaires et autres agents immobiliers a prévu de céder une part minoritaire de son capital, actuellement entre les mains du britannique Hg Capital. Mais l’...
Il faut dire que le propriétaire du groupe aux plus de 3 000 collaborateurs a mandaté Arma Partners (préférée à Morgan Stanley et à Goldman Sachs) pour mener la chasse. Une banque d’affaires très internationale pour partir à la recherche de fonds également très internationaux. « Avoir des fonds étrangers au capital, sans le moindre ancrage tricolore, cela devient un sujet compte tenu de la taille de l’entreprise et de ses activités », estime une source proche du dossier. Conséquence : l’État, par le biais de la Direction générale des entreprises (DGE), a l’intention d’étudier le dossier, a appris l’Informé.
La criticité des activités de la licorne tricolore est aujourd’hui bien réelle. Ses solutions et logiciels aident les notaires dans la rédaction d’actes, leur comptabilité ou leur cybersécurité, permettent aux avocats de sécuriser leurs données et leurs communications avec leurs clients ou encore de recueillir des données et générer des actes juridiques et des contrats… Septeo s’adresse aussi aux commissaires de justice et dispose d’une solution agréée par la Chambre Nationale.
L’an dernier, elle a affiché un chiffre d’affaires de 348 millions d’euros et ambitionne toujours d’atteindre la barre des 500 millions d’ici 2025, grâce à une présence en Espagne, en Belgique, en Suisse, en Tunisie et en Amérique du Nord.
Dernièrement, la DGE a observé de près la vente de la biotech française Amolyt Pharma, tombée dans le giron de la big pharma britannique AstraZeneca pour 1 milliard de dollars en mars, ou bien encore la cession de Vade, un pionnier français de la détection et de la réponse aux menaces numériques, qui veille sur un milliard de messageries dans le monde. Jusqu’alors soutenu par Tikehau Capital, Auriga et Bpifrance, au travers du fonds French Tech Souveraineté, cet expert en cybersécurité a été récemment absorbé par l’allemand Hornetsecurity. Enfin, Biogaran fait l’objet d’une surveillance étroite du ministère chargé de l’industrie et de l’énergie, comme l’avait dévoilé l’Informé début avril.
Contactée, la DGE n’a pas souhaité commenter mais précise toutefois que, « de manière générale, si une entreprise passe au contrôle des investissements étrangers en France, elle regarde le dossier ».