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Présidentielle 2027 : les candidats devront justifier leurs dépenses en intelligence artificielle

Aux municipales, plusieurs personnalités avaient déjà eu recours à l’IA pour des visuels de campagne.

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JULIEN DE ROSA / AFP

La présidentielle 2027 sera une première… pour l’intelligence artificielle. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) s’attend à un usage important de ces nouvelles solutions durant la bataille pour l’Élysée et semble bien décidée à l’encadrer : elle vient de préciser aux candidats ses exigences sur le sujet, a appris l’Informé. Ils devront mentionner les coûts engendrés par cette technologie que ce soit pour la « conception ou l’achat de logiciels spécifiques », « les abonnements à des IA payantes », « la création de contenus » mais aussi « la formation interne à l’utilisation des outils et chatbots ».

L’autorité administrative indépendante, qui n’a aucun pouvoir sur le choix de telle ou telle solution souveraine, glisse un avertissement aux futurs candidats. S’ils utilisent pour leur campagne « des visuels, des photographies ou des vidéos (notamment créés par l’intelligence artificielle), partagés sur les réseaux sociaux », ils devront « être en mesure de justifier du droit de les reproduire ». Une instruction difficile à respecter car les grands modèles de langage (Large Language Model, LLM) créent des contenus en s’appuyant très souvent sur des éléments protégés par le droit d’auteur, sans le préciser à l’utilisateur.

Jusqu’ici, seules des dépenses de campagnes numériques classiques étaient prises en compte. En 2021, par exemple, la CNCCFP rappelait que « les coûts de création, d’hébergement et de fonctionnement [d’un] site constituent des dépenses électorales qui doivent être intégrées au compte de campagne ». Inversement, la seule utilisation gratuite d’une page Facebook ou Twitter (devenu X.com) a toujours été autorisée. Une ligne rouge, tout de même : pendant les six mois précédant le premier jour du mois d’une élection, il est interdit de recourir « à des bandeaux publicitaires, des liens commerciaux ou sponsorisés » ou « d’user de référencement commercial ou d’achat de mots-clés », comme le prévoit l’article 52 du Code électoral.

Si la prise en compte de l’intelligence artificielle est une première pour une présidentielle, elle s’est déjà invitée lors des municipales du mois de mars 2026. Plusieurs candidats ont utilisé cette technologie pour leur communication sur les réseaux sociaux : à Paris, Sarah Knafo (Reconquête) avec des rats dans les rues de la capitale et, Valentin Guenanen (PS) avec une affiche inspirée de Star Wars, à Strasbourg, Virginie Joron (RN), ou encore à Grenoble Hervé Gerbi (Centre droite). Bien que la jurisprudence soit encore rare, le Conseil d’Etat a de son côté déjà jugé en octobre 2025 que le recours à l’IA pour rédiger une profession de foi était sans influence sur la régularité des opérations.

En revanche, les risques de tromper l’opinion, voire de faire circuler des fake news à l’encontre d’un adversaire politique grâce aux images et vidéos d’IA sont réels. Dans ce cas, le gendarme de l’audiovisuel, l’Arcom, pourrait être saisi. Depuis la loi du 22 décembre 2018 relative à la lutte contre la manipulation de l’information, le législateur lui a confié la mission de contribuer « à la lutte contre la diffusion de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte à la sincérité d’un des scrutins ». Interrogée sur d’éventuels cas, l’autorité a indiqué n’avoir reçu aucun signalement lors des municipales. À titre préventif, elle ajoute avoir préconisé aux plateformes d’identifier clairement les contenus générés par l’IA. Un sujet également pris en compte par le réseau de coordination et de protection des élections (RCPE), dont l’Arcom fait partie.