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Continuer la lectureComment Apple a discrètement acquis le français Blinksight pour son AirTag
Pour développer son tracker de géolocalisation, le groupe californien a mis la main sur une start-up française. On ne le découvre qu’aujourd’hui.
C’était l’un des secrets les mieux gardés de l’écosystème high-tech français. Si la date exacte de la transaction reste floue et son montant inconnu, la nomination en juillet dernier de Peter Denwood à la présidence de la start-up tricolore Blinksight confirme que la société est passée sous la coupe ...
Créée en 2011 à Colombelles près de Caen par des anciens salariés de Philips et de la coentreprise ST-Ericsson, la société était dirigée par les frères Stéphane et Matthieu Mutz jusqu’en 2021. La start-up a été soutenue à ses débuts par la région Basse-Normandie et le fonds Oséo, devenu depuis Bpifrance Financements. Elle a également réalisé une levée de fonds participative avec Anaxago en 2014 et a obtenu au total plus de 1,8 million d’euros de financements selon nos calculs. Si le géant californien a jeté son dévolu sur Blinksight, c’est parce que celle-ci a développé une technologie précieuse : une puce permettant de localiser des objets à l’intérieur d’un bâtiment. Cette trouvaille est le fruit d’un partenariat noué avec l’institut belge de recherche microélectronique Imec et un autre centre de recherche aux Pays-Bas, Holst Centre. L’objectif : permettre aux entreprises de suivre en direct la localisation de leurs produits ou d’optimiser les lignes de fabrications dans les usines. Aux débuts de la start-up, les frères Mutz envisageaient aussi des applications dans le grand public mais dans un second temps. Ironie du sort, ce sera en réalité dans ce domaine que leur innovation va percer en premier.
Basée sur la technologie radio Ultra Wide Band (UWB), la puce, une fois attachée à un objet, permet de le repérer sur une carte avec une très grande précision, à quelques centimètres près. Le tout avec une très faible consommation d’énergie. Le principe a été repris dans les AirTags commercialisés depuis 2021 par Apple. Cet appareil de trois centimètres de diamètre permet à un propriétaire d’iPhone de localiser à distance depuis son écran ses clés, son portefeuille, son sac à dos, sa valise… et de le faire sonner. Récemment, des polémiques sont nées au sujet du détournement de son usage, plusieurs femmes s’étant plaintes d’avoir été suivies par des inconnus qui avaient glissé un AirTag dans leur sac à main ou dans leur voiture. L’an dernier, une Américaine de 26 ans avait aussi traqué son conjoint suspecté d’entretenir une liaison extraconjugale. Elle l’avait retrouvé avec sa maîtresse et l’avait alors écrasé avec sa voiture.
Ce genre d’histoire risque de se répéter avec la croissance des ventes de ces objets. Selon les estimations du célèbre analyste, Ming-Chi Kuo, il se serait écoulé autour de 20 millions d’AirTags en 2021 et 35 millions en 2022.
Ce n’est pas la première fois qu’Apple met la main sur une start-up française. En 2017, le site d’informations TechCrunch avait dévoilé le rachat de Regaind, une société spécialisée dans l’analyse d’images. Sa technologie permet de classer les photos pour mieux les retrouver, d’identifier un visage et même de déterminer l’âge d’une personne et son sexe.
Contactés, les frères Mutz n’ont pas répondu à nos sollicitations et Apple n’a pas souhaité faire de commentaire.