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Continuer la lectureAppel de Christchurch : les personnalités du numérique qu’Emmanuel Macron va recevoir vendredi
Chefs d’État et représentants des réseaux sociaux se retrouvent vendredi à l’Élysée pour lutter contre la diffusion en ligne des contenus terroristes ou extrêmes. L’Informé dévoile le plan de table.
À l’origine de l’initiative, il y a un drame : l’attentat raciste du 15 mars 2019 à Christchurch en Nouvelle-Zélande, diffusé en direct par son auteur sur les réseaux sociaux. Pour lutter contre les contenus terroristes et extrêmes en ligne, Emmanuel Macron et Jacinda Ardern, première ministre de Nou...
Devraient se retrouver autour de la table la France, la Suisse, l’Estonie, le Ghana, la Belgique et la Nouvelle-Zélande (représenté par l’ex-Première ministre, pour cause d’élection), et possiblement Joe Biden en visioconférence. Invitée également, l’Unesco. Une note promet aussi la présence de « cadres supérieurs » des grandes plateformes. Une annonce quelque peu ambitieuse, puisqu’il n’y aura ni Sundar Pichai (Google) ni Mark Zuckerberg (Meta), prévenus il y a quelques semaines seulement. Selon plusieurs sources concordantes, ces plateformes ont bien proposé des VIP mais les organisateurs ont insisté pour n’avoir que les personnes décisionnaires de chaque entreprise (les CEO ou Chief Executive Officier). Deux exceptions : Microsoft sera représenté, non par Satya Nadella, mais tout de même par Brad Smith, président du géant du numérique. Et X/Twitter : Elon Musk sera remplacé par Nick Pickles, en charge des Affaires gouvernementales mondiales de la plateforme. Dans un tweet posté voilà près d’un an, Emmanuel Macron avait d’ailleurs assuré de la participation de Twitter à cet Appel.
Plusieurs thèmes clefs ont été définis : l’utilisation des nouvelles solutions technologiques pour lutter contre le terrorisme (en particulier l’intelligence artificielle), l’aide à apporter aux petites entreprises pour éliminer les contenus extrêmes, la lutte contre la radicalisation et l’impact des algorithmes pour éloigner les utilisateurs des posts violents ou les rapprocher des contre-discours. Le 19 octobre, sur BFM, Gérald Darmanin a lourdement plaidé en faveur d’une « porte dérobée » négociée avec les messageries chiffrées, afin de permettre un accès par les autorités aux échanges sur WhatsApp, Telegram ou Signal. Des propos tenus dans un contexte particulier : quelques jours plus tôt, les services du renseignement n’avaient pu accéder à l’ensemble des conversations de l’auteur de l’assassinat de Dominique Bernard, le professeur de français poignardé à Arras. Selon nos informations, le sujet ne devrait cependant pas être abordé à l’Elysée.
La situation israélo-palestinienne est également inscrite au programme (de 17h10 à 17h30) de cette rencontre coprésidée par Ardern et Macron. Le document relève sans mal que le conflit en cours produit une très forte augmentation des contenus terroristes en ligne, avec dans son sillage, de multiples incidents antisémites et islamophobes. L’une des questions centrales sera d’assurer la « désescalade des tensions en ligne et hors ligne et la prévention de nouvelles violences ». La récente publication par X du rapport décrivant ses moyens de modération devrait faire jaser. La société détenue par Elon Musk a concédé n’employer à l’échelle de la planète que 52 modérateurs maîtrisant la langue française, contre 2 294 pour l’anglais. Parfois, les chiffres sont encore plus ridicules. Il n’y a ainsi qu’un seul modérateur parlant le polonais ou le hollandais, 12 l’arabe et deux l’hébreu.
Le DSA au cœur du Laboratoire pour la protection de l’enfance en ligne
La veille du Christchurch, le Laboratoire pour la protection de l’enfance en ligne (Child Online Protection Laboratry ou COPL) se réunira au ministère de l’Économie et des Finances et de la Souveraineté industrielles et numérique. Cette initiative a été lancée l’an passé pour partager les connaissances afin d’« améliorer la sécurité des mineurs dans l’environnement digital », dixit l’Élysée. Jean-Noël Barrot, ministre délégué au numérique, introduira les échanges notamment consacrés aux enjeux de la régulation du numérique. Parmi les dossiers prioritaires, l’application du règlement sur services numériques (Digital Services Act, DSA) par les plateformes comme TikTok, Meta et Google/YouTube. Un sujet qui tombe au plus mal pour Bercy puisque le commissaire Thierry Breton vient de reprocher à la France de violer ce règlement avec sa récente législation sur les influenceurs:et le projet de loi Barrot visant à sécuriser et réguler le numérique, actuellement discuté au Parlement. En guise de « retour d’expériences », le français Docapost et l’anglais Yoti présenteront l’un et l’autre leur solution de vérification de l’âge en ligne, après l’intervention de Charlotte Caubel, secrétaire d’État chargée de l’Enfance. Henri Verdier, ambassadeur pour le numérique, devrait annoncer une réforme structurelle du COPL et de sa gouvernance. Enfin, Delphine O, ambassadrice et secrétaire générale du Forum Génération Égalité, doit présenter l’arrivée d’un Laboratoire pour les droits des femmes.