L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lecturePharmacie : Sagard prêt à revendre sa participation dans les laboratoires Delbert
Fin 2020, le fonds affilié à la famille du milliardaire canadien Paul Desmarais était devenu actionnaire minoritaire de cette entreprise qui redonne vie à des traitements dont la commercialisation a été interrompue.
Le savoir-faire de Delbert parait bien utile à l’heure où les pénuries de médicaments se multiplient. Cette petite compagnie pharmaceutique réintroduit sur le marché des traitements dont la vente a été stoppée pour diverses raisons - trop faible rentabilité, difficultés de production… Le modèle avait convaincu Sagard NewGen d’en devenir actionnaire fin 2020. Selon nos informations, ce fonds affilié à la galaxie du milliardaire canadien Paul Desmarais serait en train de préparer la vente de sa participation minoritaire, en capitalisant sur la trajectoire de la société. La réorganisation du capital se prépare avec l’appui de deux banques conseils, Edmond de Rothschild et Neuflize OBC. A priori, les autres actionnaires de Delbert, quant à eux, n’auraient pas vocation à sortir du capital. Il y a deux ans, Sagard avait signé sa prise de participation en compagnie d’une mutuelle, la MACSF, et de deux structures de la galaxie Crédit Agricole, Socadif et Idia Capital Investissement - les quatre investisseurs ayant investi ensemble 20 millions d’euros. Les dirigeants des laboratoires Delbert, Marc Childs et Thierry Hoffmann, conservent le contrôle. Ce tandem avait repris la société en 2013.
Des acquisitions récentes auprès de Sanofi
Sagard envisage son départ d’une entreprise qui a connu une belle expansion ces dernières années. Delbert anticipe un chiffre d’affaires de 33 millions d’euros pour 2022, un total qui aura plus que doublé en deux ans. Depuis l’arrivée de Sagard au capital, l’Ebitda serait passé de 7 à 18 millions d’euros. Cette trajectoire est liée à la politique de croissance externe active de la société - politique qui la rapproche d’autres acteurs de la pharmacie comme Juvisé, dont le projet d’ouverture du capital, évoqué fin octobre par L’Informé, aurait été remis à plus tard, selon nos informations.
En début d’année, Delbert a par exemple racheté à Sanofi deux de ses traitements, le Lepticure, qui est indiqué contre les syndromes parkinsoniens causés par des neuroleptiques, ainsi que le Teralithe, utilisé en prévention des rechutes de troubles bipolaires. Delbert rachète ainsi au big pharmas des traitements qu’il identifie pour leur potentiel thérapeutique majeur. Elle les relance après avoir préalablement révisé la formulation des principes actifs, recherché des fabricants (en priorité sur le sol européen) ou encore redéfinit la politique de prix. Aujourd’hui, la société dispose en portefeuille d’une quinzaine de produits à prescription hospitalière ou réservée aux spécialistes.