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Continuer la lectureDuel entre deux fonds pour le réseau d’aides à domicile Vitalliance
L’entreprise de 8 000 salariés cherche un nouvel actionnaire alors que son PDG Amir Reza-Tofighi lâche ses fonctions opérationnelles pour se présenter à la tête de la CPME.
La quête de Vitalliance devrait bientôt s’achever. L’entreprise de services à la personne, qui fédère sous sa bannière 8 000 salariés et 146 agences, cherche un nouvel actionnaire minoritaire en compagnie de la banque d’affaires Cambon Partners, comme l’avait déjà évoqué l’Informé. Selon nos informations, les débats tournent au duel entre deux fonds, Parquest Capital et Kartesia. Un troisième financier, Andera Partners, s’était lui aussi qualifié pour la deuxième phase des enchères au travers de sa gamme de fonds « Mid-Cap », mais est finalement sorti du dossier.
Les deux prétendants ont des profils sensiblement différents. Parquest Capital est un acteur français des LBO, qui a d’abord été une filiale de la banque néerlandaise ING avant de prendre son indépendance il y a dix ans. Il a par exemple investi dans des entreprises comme le spécialiste de l’épargne salariale Eres, le façonnier pharmaceutique Unither, la marque de literie Tediber ou encore l’agence d’intelligence économique Adit. L’investisseur avait déjà tenté d’entrer au capital de Vitalliance lors de la précédente recomposition du capital, en 2020… Mais un autre fonds, Isai (aujourd’hui plutôt sortant) lui avait été préféré. « Parquest voulait s’assurer un certain nombre de droits dans la gouvernance, et cela avait joué en sa défaveur », se souvient un banquier.
De son côté, Kartesia est plutôt à ranger dans la catégorie des investisseurs spécialistes de la dette privée. S’il vient de lever un véhicule de 1,8 milliard d’euros amené uniquement à fournir des prêts (typiquement pour des opérations de LBO), le gérant a aussi une autre gamme de fonds à la stratégie plus flexible (dite « sponsorless »). Ces derniers fonds peuvent prendre des participations au capital parfois significatives en complément d’un investissement plus important en obligations (en général assorties de bons de souscriptions d’actions). C’est par l’intermédiaire d’un fonds de ce type qu’intervient Kartesia dans le dossier Vitalliance.
La recomposition du capital de Vitalliance s’accompagnera de mouvements importants à la tête de l’entreprise - qui totalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 100 millions d’euros pour un Ebitda qui serait compris entre 20 et 25 millions d’euros. Son PDG Amir Reza-Tofighi s’apprête à renoncer à ses fonctions opérationnelles dans la société. S’il se refuse à tout commentaire sur les négociations en cours, le dirigeant explique à l’Informé qu’il conservera uniquement la présidence du groupe, un directeur général étant en cours de recrutement.
Celui qui est aux manettes depuis 2018 entend se mobiliser toujours plus dans les milieux patronaux, lui qui va briguer la succession de François Asselin à la tête de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) en janvier 2025. Amir Reza-Tofighi est déjà très impliqué dans l’organisation patronale, puisqu’il siège à son comité exécutif et préside sa commission innovation. Il a aussi présidé de 2016 à 2022 la Fédération française de services à la personne et de proximité (Fedesap), affiliée à la CPME.