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Continuer la lectureArgos et sa centaine de cliniques vétérinaires pourraient être prochainement vendus
Le secteur s’est transformé en terrain de chasse pour la plupart des fonds d’investissement. Ces investisseurs sont déjà au capital d’un établissement sur cinq dans l’Hexagone.
L’un des plus gros réseaux de cliniques vétérinaires tricolores pourrait bien changer de mains l’an prochain. Selon nos informations, l’avenir d’Argos, actuellement détenteur d’une centaine d’établissements, se discute en ce moment même. Ses actionnaires - et plus particulièrement le fonds G-Square, minoritaire au capital depuis 2019 - ont chargé la banque d’affaires Natixis Partners de l’aider. « Deux pistes sont actuellement à l’étude, temporise un conseil qui connaît ce dossier. La première est une refonte pure et simple du capital, tandis que la seconde porte sur un refinancement de la dette du groupe : dans ce dernier cas, Argos pourrait donc se donner un peu de temps pour faire des acquisitions. » Principalement implantée dans les grandes villes françaises, la pépite d’une quinzaine de millions d’euros d’Ebitda pourrait aussi bien intéresser des fonds d’investissement que des concurrents.
Des grands groupes valorisés au moins 20 fois leur Ebitda
Ce mouvement n’a rien d’étonnant : la filière des soins vétérinaires est en pleine ébulition. De gros acteurs ont progressivement émergé dans l’Hexagone ces dernières années en rachetant des cliniques à tour de bras. Aujourd’hui, près de 20 % des 4 200 centres vétérinaires français seraient entre les mains de groupes signifcatifs, détenant au moins 10 établissements. Parmi les plus gros, Argos, donc, mais aussi IVC Evidensia, Sevetys, Univet ou encore Mon Veto. Le premier est un acteur britannique qui a pour actionnaires les fonds EQT, Silver Lake et Nestlé. Il fait office de leader du marché depuis qu’il a racheté en début d’année VetOne. Sevetys, lui, a ouvert son capital à Eurazeo cet été, le financier ayant investi 150 millions d’euros dans le réseau. Quasi simultanément, Univet a fait entrer le fonds d’infrastructure français Infravia. Le tout pour des valorisations souvent supérieures à 20 fois l’Ebitda. « Ces groupes valent de l’or car les vétérinaires sont non seulement libres de fixer le tarif de leur consultation mais ils peuvent aussi vendre des médicaments et de la nourriture à des niveaux de marge souvent confortables », estime un banquier.
Si la réglementation exige des cliniques qu’une majorité du capital et des droits de vote restent aux mains de leurs praticiens, elle n’a nullement empêché les fonds d’investissement de s’intéresser à la filière : ils y sont, d’ailleurs, d’autant plus incités que des obligations convertibles ou des actions de préférence leur permettent d’avoir des intérêts financiers majoritaires. Le marché français des soins vétérinaires est donc une terre de chasse, et les opérateurs étrangers entendent bien y jouer un rôle de premier plan. Selon nos informations, le britannique Medivet serait en passe de racheter Okivet. Cet opérateur détenu par le fonds CVC mettrait ainsi la main sur un ensemble d’une trentaine de centres qui avait bénéficié du soutien de deux investisseurs français, Indigo Capital et Swen. Son compatriote VetPartners, détenu quant à lui par BC Partners, cherche aussi à se renforcer en France ; il s’était déjà positionné sur le dossier Univet. Quant au suédois Anicura (20 cliniques dans l’Hexagone aujourd’hui), il ne manque pas non plus d’ambition mais affiche un profil plus particulier : il appartient au groupe Mars, poids lourd de l’alimentation animale avec sa filiale Royal Canin… L’Ordre des vétérinaires y voit un mélange des genres, et n’a pas hésité à prononcer la radiation de plusieurs cliniques adossées à Anicura depuis deux ans. Des recours avaient été déposés au Conseil d’Etat en réaction.