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Médias - Culture

Rodolphe Saadé, Bernard Arnault, Vincent Bolloré… ce que les grandes fortunes ont investi dans l’ESJ Paris

L’Informé révèle les montants déboursés par chaque actionnaire de l’école de journalisme dans le cadre de sa première levée de fonds de 2,6 millions d’euros.

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1ère photo : LUDOVIC MARIN/POOL/AFP 2e photo : Jérémy Barande / Ecole polytechnique Université Paris-Saclay / Wikimedia Commons 3e photo : Thesupermat / Wikimedia Commons

L’affaire avait fait grand bruit : le 15 novembre dernier, l’École supérieure de journalisme de Paris (ESJ Paris) annonçait sa reprise par un consortium d’investisseurs privés, emmenés par l’entrepreneur Vianney d’Alançon. Une opération qui avait fait réagir de nombreux observateurs, inquiets de voir un institut de formation de futurs journalistes tomber entre les mains de magnats du business... et des médias. Parmi eux, on trouvait notamment Bernard Arnault, Vincent Bolloré ou encore Rodolphe Saadé mais aussi, à leurs côtés, plusieurs entrepreneurs plus discrets. À l’époque, toutefois, le montant de leur investissement était resté secret : l’Informé vous révèle aujourd’hui combien chacun a déboursé pour avoir sa place dans ce tour de table à 2,6 millions d’euros.

Principaux investisseurs, Vincent Bolloré et Bernard Arnault ont chacun dépensé, via leurs holdings personnelles Compagnie de l’Odet et Financière Agache, près de 500 000 euros pour acquérir 448 actions de l’école (soit une participation de 13,4 %* selon les derniers actes de l’entreprise). Suit Rodolphe Saadé, qui a souscrit via CMA Média 359 actions, pour un montant total de près de 400 000 euros. Une somme qui lui a permis de mettre la main sur  10,8 %* des parts de l’établissement.

Parmi les gros apporteurs, on compte également le fonds d’investissement Koodenvoi de Benoît Habert, gendre de Serge Dassault, ainsi que la SPES, appartenant à Étienne Montagne, héritier Michelin et frère de Vincent Montagne (Média-Participations). Ils ont pris respectivement, 8,1 et 6,7 %* de l’entreprise, pour près de 300 000 et 250 000 euros. Plus marginalement, Pierre Gattaz, l’ancien président du Medef, a enregistré une participation symbolique de 5 570 euros, lui donnant 0,2 %* des participations. À noter, également, le montant déboursé par Bayard pour acquérir 2,7 %* de l’entreprise : plus de 100 000 euros. Devant la colère de ses salariés, révoltés de voir leur maison impliquée dans cette opération, le groupe de presse avait fini par renoncer. Il nous assure aujourd’hui avoir revendu ses parts, sans préciser à qui.

Au total, cette levée de fonds de 2,6 millions d’euros a ainsi permis d’acquérir le fonds de commerce de l’école de journalisme (non reconnue), à hauteur de 1,6 million d’euros. L’ensemble a valorisé l’ESJ Paris à 3,7 millions d’euros.

Parallèlement, Vianney d’Alençon a recruté comme directeur général Emmanuel Ostian. Âgé de 53 ans, cet ancien journaliste à TF1-LCI et BFM TV a créé sa propre société de production, Et Maintenant Productions. Il est intervenu lors de l’édition 2019 de l’université des communicants en église organisée par la Conférence des évêques de France.

*À noter que nos informations se basent sur des documents déposés au 2 décembre dernier. Les pourcentages mentionnés ont donc évolué depuis, puisque Bayard a entre-temps vendu ses parts, et Banijay (le groupe de Stéphane Courbit) et Alexandre Pesey (fondateur de l’Institut de formation politique (IFP)) ont rejoint le cercle des investisseurs. Seulement, le montant de leur participation n’était pas encore accessible à la publication de cet article. Il n’est pas exclu que d’autres investisseurs aient depuis rejoint l’ESJ Paris, où que des actionnaires actuels aient augmenté leur mise.