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Continuer la lecturePlan social à la rédaction de la Tribune
Réunis ce jour, les journalistes ont appris qu’un plan social allait viser la suppression de 24 postes au sein de la rédaction web.
Réunis en assemblée générale ce jeudi, les journalistes du site web de la Tribune viennent d’apprendre la suppression de 24 postes sur 56 à la rédaction. Dans le détail, la totalité des 19 postes de pigistes réguliers sont visés, ainsi que 5 CDI. À cela s’ajoutent trois postes à la régie. Les équipes sont en train de décider d’une action collective, sous la forme éventuelle d’un communiqué de la société des journalistes (SDJ). « Nous sommes assommés par cette décision car il y a encore quinze jours, la direction assurait proposer un poste à chacun dans le cadre de la réorganisation », lâche un rédacteur. Interrogé, Jean-Christophe Tortora*, le dirigeant de la société, se veut rassurant : « Tous les journalistes titulaires qui auront envie de s’inscrire dans ce nouveau projet recevront une proposition. Nous ne sommes qu’au début des discussions avec les élus du personnel qui dureront jusqu’à fin mai. »
Les postes en région, tenus essentiellement par les pigistes, vont être les plus touchés. Ce PSE fait suite au rapprochement envisagé avec les équipes de BFM Business pour créer un pôle économique et au recentrage du site « autour de quatre verticales sectorielles sur le modèle de la presse professionnelle » (aéronautique et défense, tech et IA, énergies et Europe-Afrique). Ce plan avait donné lieu à une motion de défiance le 17 octobre dernier votée par 88 % des journalistes craignant des suppressions de postes. Cette motion a entraîné un gel provisoire du projet et la présidente de CMA Media, Claire Léost, avait estimé être « mal comprise » dans une interview donnée au Figaro fin novembre. Quatre mois plus tard, les craintes d’hier s’avèrent aujourd’hui justifiées. « On a un sentiment de trahison », ajoute un autre salarié.
Les restants vont devoir signer un nouveau contrat de travail avec NextInteractive, l’entité qui réunit toutes les activités numériques du groupe. « Il y a des craintes sur la nouvelle convention collective, le maintien du salaire et des conditions de travail pour ceux qui vont rester, s’interroge une plume de la rédaction. La seule certitude c’est que l’on conservera notre ancienneté ». Là encore, Jean-Christophe Tortora cherche à rassurer. « On ne va pas toucher aux salaires. Quant au reste, nous en discuterons lors des prochains CSE. Mais nous sommes contraints de faire signer à tout le monde un nouveau contrat afin d’homogénéiser les conditions de travail. »
Le nouveau pôle BFM/La Tribune comptera plus de 60 rédacteurs et sera réuni au même étage soit au deuxième, soit au quatrième. Arnaud de Courcelles, actuellement directeur général de BFM Business et de BFM Locales, a été nommé DG de ce pôle. Ce dernier vient de subir une motion de défiance, votée à 79 % par les rédactions. Dans un communiqué publié ce jeudi, elles pointent leur inquiétude sur « le réseau des BFM locales est en train de perdre son âme, ses effectifs et sa mission d’information ». Et d’exiger des réponses sur l’avenir de tous les salariés et « surtout quel est le projet éditorial global alors même que des orientations différentes semblent se dessiner selon chaque locale ».
*Ajout de la réaction de Jean-Christophe Tortora à 19h16