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Continuer la lecturePinault renfloue l’hebdomadaire Le Point
Via sa holding familiale, le milliardaire a dû recapitaliser le titre de presse. La hausse du coût du papier et de l’énergie a pesé sur les résultats du magazine l’an dernier.
Artemis remet la main à la poche. La holding de la famille Pinault, propriétaire du groupe de luxe Kering (Gucci, Saint-Laurent, Boucheron, Balenciaga…), vient de renflouer de 8,17 millions d’euros les caisses de l’hebdomadaire Le Point, a appris l’Informé. Une opération nécessaire alors que les capitaux propres de la société éditrice étaient tombés trop bas au regard de la loi. Le cash a ainsi permis d’éponger les pertes passées et doit aider à financer des développements à venir. Interrogés, Artemis et la direction du Point n’ont pas souhaité faire de commentaires.
Comme l’ensemble du marché, le titre pâtit de la hausse du coût du papier et de l’énergie. Selon Challenges, son Ebitda a été divisé par deux l’an dernier, à un million d’euros, pour un chiffre d’affaires de 67 millions d’euros. Face à la conjoncture, la direction a déjà pris des mesures d’économies. Elle a notamment renoncé à des mètres carrés de bureau pour réduire le loyer de ses locaux dans le XVe arrondissement de Paris. En revanche, pas question pour le moment d’augmenter le prix de vente au numéro, aujourd’hui fixé à 5,90 euros, et de suivre l’Express dont le tarif est passé à 6,90 euros en début d’année.
Comme ses concurrents, Le Point connaît aussi une baisse de ses ventes en kiosque (-11,8 % en 2021, -8% en 2022 et encore -11,9 % au premier trimestre 2023) tandis que sa diffusion numérique a légèrement repris en début d’année (42 864 exemplaires en moyenne de janvier à mars) grâce au retour du magazine dans l’agrégateur numérique Cafeyn en janvier. Avec 27 654 copies papiers vendues en kiosque au mois de mars, il se situe encore loin devant l’Obs (14 654) et l’Express (9 073) selon les données de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM). Et l’été a été bien meilleur grâce aux Unes consacrées à l’interview d’Emmanuel Macron (autour de 40 000 copies), au chanteur Jean-Jacques Goldman ou encore à l’écrivain Sylvain Tesson. De quoi, peut-être, relancer les dépenses des annonceurs. Depuis le début de l’année, la presse écrite fait face, dans son ensemble, à la chute du marché publicitaire. Sur le premier trimestre, il était en recul de 4,1 % à 309 millions d’euros et même de 13 % par rapport à 2019 avant la crise du Covid selon le baromètre unifié du marché publicitaire, Bump.
L’année dernière, année de ses 50 ans, Le Point a vu l’arrivée de Valérie Toranian à la direction de la rédaction. Transfuge de la Revue des deux mondes, elle a remplacé Sébastien Le Fol, écarté après la diffusion de fausses accusations contre les députés Insoumis, Raquel Garrido et Alexis Corbière, sur le site Internet du magazine.