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Médias - Culture

Nicolas Canteloup vs Jacques Myard : rude combat équestre à Maisons-Laffitte

Cavalier émérite, l’imitateur cherche à acquérir depuis plusieurs années un terrain d’entraînement dans sa ville. Mais le maire fait tout pour l’en empêcher.

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MIGUEL MEDINA-AFP et THOMAS SAMSON-AFP et

Maire de Maisons-Laffitte depuis plus de trente ans, Jacques Myard (LR) nourrit une obsession : redonner à sa municipalité ses lettres de noblesse en tant que « cité du cheval » (il a même déposé cette marque en 2017). Et rien ne semble pouvoir faire obstacle à ses pulsions hippiques, comme l’a constaté un célèbre habitant de la commune : l’animateur et humoriste Nicolas Canteloup. Alors que le comique contrariait un projet d’expansion du maire, le Conseil d’État vient de rejeter son pourvoi.

Au cœur du litige : un terrain situé à quelques foulées de l’hippodrome de Maisons-Laffitte. Depuis cinq ans, Nicolas Canteloup cherche à racheter cette parcelle qui abrite un rond de longe, l’enclos circulaire dédié à l’entraînement des chevaux. Passionné d’équitation, l’imitateur monte depuis son adolescence - il a concouru en 2016 en catégorie amateurs du championnat de France des plus de 40 ans - et a transmis sa passion à sa fille, Anouk Canteloup, cavalière et membre de l’équipe de France. L’artiste désire donc réemployer ce terrain, jusque-là détenu par l’association régnant sur le monde des courses françaises, France Galop. En juillet 2019, l’institution émet une promesse de vente à Nicolas Canteloup, pour un montant d’un million d’euros. C’est sans compter le maire : car trois mois plus tard, Jacques Myard dégaine son droit de préemption.

Manège à trois

L’édile rêve en effet depuis plusieurs années de mettre la main sur les infrastructures hippiques de sa ville. À l’aide des deniers publics, il s’est lancé dans une série d’acquisitions très coûteuse, quitte à fâcher une opposition grandissante. À commencer par le rachat fin 2022 de l’hippodrome local, peu rentable : une opération à 7,1 millions d’euros qui a nécessité plus d’un an de tractations avec France Galop. Pour justifier ses investissements, Jacques Myard s’expliquait ainsi lors d’un conseil municipal en 2021 : « Vous avez d’un côté France Galop, qui est le propriétaire, vous avez les investisseurs potentiels intéressés par le site et vous avez la ville. Pardon d’être brutal, et même un peu vulgaire, dans un ménage à trois, il y a toujours un cocu. C’est aussi simple que ça. Donc, pour simplifier tout cela, il est nécessaire que la Ville ait la maîtrise foncière de l’hippodrome dans sa totalité. »

De l’hippodrome, mais aussi de tous les terrains environnants possédés jusqu’ici par France Galop. Parmi eux : la parcelle convoitée par Nicolas Canteloup, à 700 mètres des pistes de courses. Suite à l’exercice du droit de préemption de la mairie, le Mansonnien, c’est ainsi qu’on appelle les habitants de la ville, se rebiffe et engage une procédure qui s’avérera mouvementée. Après un premier recours rejeté, il saisit le tribunal administratif de Versailles. En juillet 2021, les juges donnent raison au cabinet du maire... mais Nicolas Canteloup fait appel et les magistrats estiment alors que les projets de Jacques Myard pour la parcelle litigieuse sont insuffisamment explicités. Selon l’arrêt, le droit de préemption brandi par le maire « ne fait pas apparaître la nature, ni ne justifie de la réalité du projet envisagé [par la commune], en méconnaissance des dispositions précitées du code de l’urbanisme ».

Un bon point pour l’humoriste ? Certes. Mais malheureusement pour lui, la cour juge aussi que le terrain a déjà été cédé à l’Établissement public foncier d’Île-de France (EPFIF), la structure qui gère la parcelle pour le compte de la commune. Les magistrats se déclarent alors impuissants pour annuler la vente ou forcer le maire à négocier le terrain avec Canteloup. Dans une dernière ruade, Nicolas Canteloup a contesté l’appel auprès du Conseil d’État… Sans succès, donc : son pourvoi n’a pas été jugé valable. Le rond de longe reste dans le camp de Jacques Myard.