L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureNatacha Polony boucle une levée de fonds pour sa revue L’Audace !
Le trimestriel cofondé par la journaliste ouvre son capital à une trentaine d’entrepreneurs régionaux dont certains connus.
« Croire en la France, nos atouts pour nous relever ». Pour son troisième numéro, tout juste sorti en kiosque, la revue l’Audace ! fait le pari d’un titre résolument optimiste. Peut-être l’effet d’une actualité favorable, côté coulisses… Lancé fin 2025 par la journaliste Natacha Polony, le trimestriel va recevoir un nouveau soutien financier, venu des Forces Françaises de l’industrie (FFI). Ce club d’investisseurs réunissant les dirigeants de PME et de start-up installées sur tout le territoire avait lancé un appel auprès de ses membres pour lever 350 000 euros. Via le véhicule FFI Audace Invest (SPV), 220 000 euros seront finalement apportés cet été a appris l’Informé, grâce à la mobilisation d’une trentaine d’entreprises de l’informatique, du textile, ou encore du ferroviaire mais aussi de particuliers (avocats, médecins, professeurs… ). Des soutiens que la journaliste et ancienne directrice de la rédaction de Marianne n’a pas hésité à aller chercher lors de plusieurs déplacements en région. Son mantra : la réindustrialisation de la France et la souveraineté alimentaire, technologique, énergétique... En mai, elle s’est ainsi rendue à Salon-de-Provence pour rencontrer le PDG multimillionnaire Philippe Veran (580 millions d’euros selon le classement des fortunes de Challenges), à la tête de Biotech Dental et désormais financeur du trimestriel.
« La somme levée correspond à des tickets entre 5 000 et 30 000 euros et servira à développer l’offre numérique afin de rajeunir le lectorat par rapport à celui de la revue papier, précise le banquier d’affaires et cofondateur de l’Audace !, Raphaël Schmidt. Le premier objectif de 350 000 euros était trop ambitieux et supérieur à ce dont on avait besoin. » Une seconde opération est toutefois prévue en fin d’année pour atteindre la cible initiale. « Nous espérons que des retardataires apporteront leur contribution un peu plus tard », commente Raymond Boch, le fondateur de FFI. Avec cette levée, les quatre cofondateurs à parts égales du titre, Raphaël Schmidt, Natacha Polony, Frederick Cassegrain et Mathieu Pouydesseau, acceptent de laisser au club d’investisseurs quatre sièges au sein du comité scientifique et éditorial afin d’alimenter les débats. Ils acceptent, surtout, d’octroyer un bout du capital à leurs nouveaux coactionnaires, qui prendront, dans un premier temps, un plus de 6 % puis monteront à 10 % ensuite, sur une valeur d’entreprise de 3,5 millions d’euros.
L’an dernier, le quatuor avait dû injecter 125 000 euros venus de leurs poches, faute d’avoir obtenu des emprunts bancaires afin de lancer la revue. Pour l’heure, ils ne se versent ni salaire, ni dividendes, le temps d’atteindre la rentabilité. Le reste du financement est arrivé grâce à la campagne sur la plateforme Ulule avec 11 318 préventes pour le premier numéro contre 3 000 attendues initialement. « Nous en avons vendu 42 000 exemplaires, très au-dessus de notre point d’équilibre autour de 9 000, ajoute Raphaël Schmidt. Le numéro deux s’est écoulé entre 20 000 et 25 000 exemplaires mais nous n’avons pas encore les chiffres définitifs. » Le magazine revendique également plus de 6 000 abonnés.
Une troisième levée de fonds est attendue en 2027, avec l’objectif de développer des formations et des colloques. Une marque a déjà été choisie pour promouvoir ces événements, Génération l’Audace, en lien avec le positionnement du trimestriel qui évoque « une certaine idée de France, plus forte, plus souveraine, plus unie, dans une Europe qui gagnerait à être plus démocratique ». Un moyen aussi pour Natacha Polony de jouer sa partition lors de la présidentielle. Interrogée fin mai à ce sujet sur RTL pour présenter son ouvrage (La France corps et âme, Éditions Plon), la journaliste avait indiqué « J’ai envie de peser. J’ai envie qu’on arrête de faire comme si on avait tout essayé et qu’on ne peut rien faire. » Et d’ajouter sur son éventuelle candidature : « Je ne vous réponds pas. Car on ne décide pas ça maintenant (...), j’aimerais qu’on évite de passer à côté des questions de fond, l’école, la santé… ».