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Continuer la lectureLVMH et les journalistes des Échos trouvent un compromis
La société des journalistes (SDJ) a trouvé un accord avec son actionnaire sur le corps électoral amené à se prononcer sur le futur directeur de la rédaction. Le grand oral doit se dérouler le 25 septembre prochain et le vote autour du 28.
Soulagement au sein des Échos. La SDJ du quotidien économique s’est entendue avec son propriétaire, le groupe de luxe LVMH. Les deux parties s’étaient affrontées ce printemps sur la composition du corps électoral amené à se prononcer sur le nouveau directeur de la rédaction après la mise à l’écart d...
Finalement, ce sont 245 votants qui seront invités à exercer, ou non, un droit de veto sur le candidat proposé par l’actionnaire. Dans le détail, 216 salariés (en CDD et en CDI) ainsi que 29 pigistes pourront participer au vote autour du 28 septembre, soit trois jours après l’oral du candidat, a appris l’Informé. À l’origine, la direction souhaitait s’appuyer un corps électoral bien plus large de quelque 330 personnes en assouplissant les critères autorisant les free-lances de voter. Les journalistes avaient alors décidé de se mettre en grève, estimant que « la direction veut vider de sa substance le droit de veto », acquis en 2007 lors du rachat par LVMH. Ils dénonçaient une spectaculaire inflation du nombre de votants par rapport au 197 inscrits lors du scrutin sur la candidature d’Henri Gibier en 2008.
Cette question, en apparence technique, est en réalité cruciale. Car, pour que le veto soit validé, il faut aussi atteindre la majorité, non pas des votants, mais des inscrits. Dès lors, plus le corps électoral est vaste, plus le candidat présenté par l’actionnaire a de chances de l’emporter.
Initialement, Pierre Louette, PDG du groupe Les Échos - Le Parisien s’était opposé à toute discussion dans le Figaro. « On ne connaît aucune élection dans laquelle on change le procédé électoral avant de passer au vote », avait-il indiqué, avant de reculer quelque temps plus tard.
Un conseil de surveillance doit se réunir le 21 septembre prochain afin d’entériner le nom du candidat proposé par l’actionnaire, comme l’a révélé la Lettre A. Il devrait s’agir de François Vidal, dont le nom ne fait pas l’unanimité mais qui officie déjà comme directeur de la rédaction par intérim. En pratique, il s’appuie au quotidien sur Daniel Fortin, rédacteur en chef chargé du supplément hebdomadaire les Échos Week-End. Certains pensent donc que François Vidal, s’il est confirmé, promouvra comme n° 2 Daniel Fortin, mais ce dernier doit partir à la retraite mi-2024.
Il faut dire que LVMH joue gros. En effet, le gouvernement ouvre ce mois-ci les États généraux de l’information dont l’objectif est de donner davantage de pouvoir aux journalistes. Parallèlement, une proposition de loi transpartisane a été déposée visant à généraliser le vote sur la nomination d’un directeur de la rédaction. Les aides publiques à la presse seraient conditionnées à la mise en place de ce nouveau droit. Cette proposition est née après l’arrivée de Geoffrey Lejeune à la tête du Journal du Dimanche en provenance du titre d’extrême droite, Valeurs Actuelles. La rédaction s’était mise en grève durant un mois sans obtenir gain de cause. La plupart des journalistes ont ou sont en train de quitter la publication dominicale.