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Les dribbles d’Angel Di Maria avec le fisc français

Visé par un redressement lors de son passage au PSG, le joueur argentin a réussi à faire annuler la sanction. Il a toutefois écopé d’une amende pour la détention d’un compte bancaire non déclaré en Suisse.

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ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Victorieux de la dernière coupe du monde de football face à la France avec son compatriote Lionel Messi, l’argentin Angel Di Maria vient de remporter un autre match contre l’Hexagone. Face au fisc tricolore, cette fois. Selon nos informations, le milieu de terrain – qui a joué au Paris Saint-Germain de 2015 à 2022 - et sa femme étaient visés par un redressement fiscal portant sur l’année 2015, l’administration estimant notamment que les revenus liés à son droit à l’image n’avaient pas été correctement déclarés. Mais le couple, qui contestait cette procédure, vient finalement d’obtenir gain de cause. En juin 2022, les époux avaient déjà remporté une première manche devant le tribunal administratif de Paris, qui avait prononcé l’annulation de ce redressement. Mécontent de cette décision, le ministre de l’économie et des finances avait interjeté appel de ce jugement, mais sa requête vient d’être rejetée par la cour administrative d’appel de Paris, a appris l’Informé. Dans cette histoire, El Fideo, (« le vermicelle », surnom du footballeur à la silhouette mince et frêle) et sa femme ne sortent toutefois pas complètement blanchis, puisque leur amende liée à la non-déclaration d’un compte bancaire en Suisse a été maintenue.

Si Bercy court depuis 9 ans après le sportif, c’est donc à cause de ses droits à l’image. Cet élément de rémunération, complément non négligeable à un salaire déjà confortable, est souvent l’occasion de montages financiers complexes. L’ancien joueur parisien a choisi, lui, de les toucher via Sunpex, une entreprise panaméenne dont il est propriétaire, comme l’indiquait Mediapart en 2016 dans une enquête sur les Football Leaks.

Le versement de 2,8 millions d’euros de droits à l’image pour l’année 2015 via cette société étrangère, qui bénéficie d’un régime fiscal privilégié puisqu’elle ne paye pas d’impôts, a fait tiquer le fisc. Pour l’administration, cela ressemblait beaucoup à un montage artificiel destiné à contourner la législation française. Après un contrôle de leur déclaration de revenus, les Di Maria recevaient en juillet 2016, une première « proposition de rectification ». Mise sous pression par les révélations des Football Leaks, la famille s’est ensuite manifestée d’elle-même aux impôts pour apporter des précisions sur la détention de Sunpex et rectifier le tir concernant le pays d’origine des revenus liés au droit à l’image, précisant qu’il s’agissait bien du Panama… et non pas de l’Argentine comme indiqué en premier lieu. Et l’affaire ne s’est pas arrêtée là. Un second redressement a été notifié au couple en avril 2018, assorti d’une amende pour absence de déclaration d’un compte bancaire ouvert à l’étranger…

De quoi craindre le pire vu les millions en jeu… mais les époux Di Maria s’en sortent finalement bien, donc. Selon nos informations, le tribunal estime en effet que les sommes litigieuses ont en réalité été spontanément déclarées dans la bonne catégorie en temps et en heure, et intégralement soumises à l’impôt sur le revenu. Les services des impôts ne se sont pour autant pas privés d’épingler symboliquement le footballeur : comme Di Maria n’a pas signalé la détention d’un compte bancaire à l’étranger (ouvert en Suisse en février 2015 au nom de Sunpex) - ce qui est pourtant une obligation -, l’Argentin a écopé d’une amende (d’un montant inconnu), qu’il a échoué à faire effacer.

Habitué du rectangle vert - il poursuit aujourd’hui sa carrière au Benfica de Lisbonne à 36 ans -, le joueur n’en est pas à son premier combat en matière fiscale. Accusé de fraude lors de son passage au Real Madrid (2010-2014) pour ne pas avoir payé d’impôts sur ses revenus liés au droit à l’image, il avait finalement passé un accord en 2017 avec l’administration espagnole. En échange du versement de 2 millions d’euros, le litige avait été clos à l’amiable. Contactés, Bercy (qui a la possibilité de se pourvoir devant le Conseil d’État) ainsi que l’avocat d’Angel Di Maria n’avaient pas répondu à nos questions au moment de la publication.