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Continuer la lectureLa FDJ accuse le PMU d’abus de position dominante et lui réclame plus de 49 millions
L’ex-Française des jeux, qui a racheté ZEturf, riposte à l’acteur historique des paris hippiques qui l’avait accusée de s’aligner sur ses propres rapports lors de plusieurs courses.
Les courses hippiques, nouveau terrain de jeu de la justice. Quelques mois après avoir été attaquée par le PMU en mars 2025, la FDJ (rebaptisée FDJ United en mars 2025) a décidé de rendre coup pour coup a appris l’Informé. À l’origine, l’acteur historique du secteur accusait la filiale de la Française des Jeux rachetée en 2023, ZEturf, de s’être alignée sur ses propres rapports lors de plusieurs courses, après coup et bien souvent à la hausse pour attirer les joueurs sur sa plateforme. Une pratique dénoncée par le PMU qui réclamait alors plus de 125 millions d’euros « de dommages et intérêts en réparation du préjudice économique » mais aussi « moral ».
Pour FDJ United la réponse ne s’est pas fait attendre. Elle a non seulement contesté cette procédure mais a répliqué en attaquant à son tour. Le propriétaire de ZEturf voit dans ce procès une manœuvre destinée à affaiblir le développement d’un acteur alternatif sur un marché ouvert à la concurrence depuis plus de quinze ans. Et il ne fait aucun doute pour elle que le PMU abuse de sa position dominante dans les paris hippiques afin de nuire à un opérateur alternatif. « Dans ce cadre, nous avons formulé des demandes reconventionnelles, confirme la porte-parole de FDJ Untied. Ce contentieux suit son cours. » En réparation, la société réclame au moins 49 millions d’euros.
Ces tensions entre les deux sociétés interviennent à un moment délicat. En difficultés, le PMU a changé de direction en début d’année avec l’arrivée de Cyrille Giraudat et plus récemment la nomination comme président d’Éric Woerth. Le septuagénaire a abandonné son mandat de député Renaissance de l’Oise fin février et la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) vient de donner son feu vert pour son nouveau poste. L’ancien éphémère ministre de l’aménagement du territoire du premier gouvernement Lecornu avait été auparavant missionné pour proposer une réforme de la gouvernance avec Pact PMU 2030 afin de stopper la chute du marché des paris hippiques. L’opérateur a enregistré une baisse des mises au premier semestre 2025 de 4,2 % à 3,2 milliards d’euros après une année 2024 déjà en retrait de 2,6 % à 6,6 milliards d’euros et la tendance s’accélère selon l’Autorité nationale des jeux (ANJ). Cette érosion s’explique, notamment, par la concurrence des paris sportifs et des jeux en ligne.
Cette crise pénalise toute la filière mais aussi les finances publiques. Car, le PMU tout comme FDJ United sont d’importants contributeurs aux caisses de l’État : il espère cette année 434,9 millions d’euros de recettes fiscales des paris hippiques (essentiellement via le PMU) et 3,23 milliards d’euros des jeux d’argent et de hasard sur lesquels FDJ United conserve un monopole.
La guéguerre entre les deux géants ne serait d’ailleurs pas du goût de Bercy. Selon plusieurs sources, l’État aurait demandé aux deux groupes de ne pas s’attaquer afin de ne pas nuire à leurs intérêts réciproques mais, surtout, aux rentrées fiscales attendues cette année. Interrogé à ce sujet, le ministère de l’Économie n’a pas souhaité faire de commentaire.