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Continuer la lectureLes gains du Loto bientôt rabotés de plusieurs millions
La part des mises servant à rémunérer les gagnants du Loto a été discrètement diminuée par l’ex-Française des jeux : la baisse pèsera sur les jackpots spéciaux. Quant à la grille de l’Euromillions, elle pourrait vite coûter plus cher.
Comme cadeau d’anniversaire, les amateurs de Loto auraient pu espérer mieux. Alors que le jeu s’apprête à fêter son demi-siècle d’existence – le premier tirage a eu lieu le 19 mai 1976 – l’ex-Française des jeux, désormais renommée FDJ United, réduit discrètement les sommes destinées aux gagnants.
Ces derniers jours, un avertissement est apparu sur le site de l’opérateur : « À partir du 4 mai 2026, le Taux de retour au joueur sera de 54,35 % contre 54,85 % », indique le bandeau sur la page consacrée au Loto. Derrière cette formulation obscure, des conséquences sonnantes et trébuchantes. Le taux de retour au joueur (ou TRJ pour les spécialistes) désigne la proportion des mises redistribuées en gains. Traduction : pour 100 euros payés par les joueurs du Loto, 54,35 € reviendront désormais aux gagnants – le solde est partagé entre l’État et à la FDJ pour ses coûts… et ses bénéfices !
Cette proportion en baisse est donc synonyme d’un Loto moins généreux. D’autant que le coup de rabot (-0,5 point) prévu pour début mai, fait suite à une première diminution identique, intervenue mi-janvier et passée sous les radars. En cinq mois, la part des mises consacrée aux gains aura perdu un point, passant de 55,35 % à 54,35 %. Elle n’avait pas évolué depuis 2019. L’ajustement, en apparence modeste, pourrait amputer le total des gains de plusieurs millions d’euros par an. Sur une année pleine, la perte pourrait dépasser 10 millions d’euros, selon une estimation de l’Informé que la FDJ n’a pas souhaité commenter.
Comment les gagnants seront-ils rationnés ? « L’évolution n’a aucun impact sur le tableau des lots », tient à rassurer une porte-parole de l’ex-Française des jeux. Autrement dit, les règles visibles de la loterie ne changent pas. Le premier palier de gains reste fixé à 2,20 €, et le jackpot est inchangé lui aussi : deux millions d’euros garantis à chaque tirage, auxquels s’ajoute un million supplémentaire après chaque tirage sans grand vainqueur.
Selon nos informations, ce changement passe, plus discrètement, par une baisse des sommes versées au « Fonds de Super cagnotte ». Ce compte sert notamment à alimenter des jackpots spéciaux du Loto, comme celui que la FDJ propose pour Pâques 2026 (10 millions d’euros au lieu des deux millions habituels), ou les « Super Loto » (13 millions d’euros) organisés les vendredis 13, ou le 24 avril prochain, pour les 50 ans du jeu. Avec moins d’argent disponible, à l’avenir, ces cagnottes exceptionnelles pourraient se faire plus rares, ou moins généreuses. La FDJ confirme à demi-mot : « La fréquence et les montants des jackpots boostés (Super Loto…) sont pilotés de façon à garantir des rendez-vous réguliers et attractifs pour notre communauté de joueurs. L’objectif demeure d’offrir des moments forts tout au long de l’année. »
L’entreprise n’apporte aucune explication claire sur les raisons de ce coup de rabot : « Cet ajustement s’inscrit dans une volonté de maintenir l’équilibre global de notre offre de jeux, sans modifier ni dégrader l’expérience pour les joueurs », se borne à nous répondre la FDJ. Mais le changement s’inscrit dans un contexte de pression fiscale accrue sur les jeux d’argent et de résultats en berne pour le groupe : -3 % pour le chiffre d’affaires et -55,9 % pour le résultat net en 2025. De quoi donner envie de prendre aux joueurs pour redonner aux actionnaires et à l’État ?
La FDJ bénéficie d’une certaine latitude pour fixer le niveau de redistribution aux joueurs, à condition de rester dans la fourchette réglementaire (TRJ entre 50 à 60 % pour les jeux de tirage traditionnels) et d’obtenir l’aval du régulateur, l’Autorité nationale des jeux. Pour cette baisse, le feu vert a été donné le 22 décembre 2025.
Les jeux de tirage comme le Loto figurent parmi les moins généreux. Les tickets à gratter (Cash, Numéro fétiche, Astro…) affichent le plus souvent un taux de retour proche de 70 %, soit 15 points de plus. Quant aux paris sportifs en ligne, ils peuvent atteindre 85 % de redistribution.
Bientôt un nouvel Euromillions
Rien d’officiel pour l’instant, mais l’autre grand jeu de tirage de la FDJ, l’Euromillions, prépare un important lifting. Le gros lot, plafonné à 250 millions d’euros, devrait pouvoir grimper jusqu’à 300 millions : la Française des jeux a obtenu l’autorisation réglementaire en juin 2025. Mais les joueurs seront mis à contribution : le tarif de la grille devrait augmenter au-delà des 2,50 € actuels (le nouveau prix n’a pas encore été précisé). La FDJ en a fait la demande à l’Autorité nationale des jeux. La part des mises dévolue aux gagnants sera inchangée : actuellement de 50 %, elle est déjà au plancher fixé par la réglementation française. D’après le site spécialisé Tirage Gagnant, la nouvelle version de l’Euromillions, initialement prévue pour l’automne 2026, ne verra finalement pas le jour avant 2027.