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L’Olympique de Marseille condamné à verser une lourde indemnité à José Anigo

Sept ans après son licenciement, l’ancien directeur sportif obtient gain de cause face à l’OM auprès de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence.

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AFP

Actualisation le 28 mars 2024 : Comme repéré par le journaliste de l’Équipe Marc Leplongeon, l’OM a formé un pourvoi en cassation contre la décision de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, puis s’est désisté en janvier. Un désistement constaté par la Cour de cassation le 21 mars dernier. Selon nos info...

Pablo Longoria passe décidément une bien sale rentrée. Alors que Rachid Zeroual, le puissant leader du groupe de supporters des South Winners a réclamé sa tête cette semaine, le président de l’OM doit encaisser en parallèle la défaite de sa direction face à un autre acteur historique de la ville de Marseille : José Anigo. La Cour d’appel vient en effet de confirmer une décision du Conseil des Prud’hommes et condamne en conséquence le club à verser 3,2 millions à son ancien directeur sportif. La coïncidence avec l’actualité ne manque pas de sel quand on se souvient qu’en 2012, Zeroual avait obtenu la mise à l’écart de l’entraîneur Didier Deschamps - menaçant de lui « décapsuler la tête des épaules » - car ce dernier était à l’époque en guerre avec… José Anigo.

Mais revenons au début du match. Tour à tour coordinateur du centre de formation, entraîneur, conseiller technique, directeur sportif et enfin directeur du développement international de la cellule de recrutement, le Marseillais a quasiment occupé toutes les fonctions à l’OM. Pour ce dernier poste, il avait été embauché sous un CDD de six ans, débutant en 2014, pour un salaire mensuel de 70 000 euros.

Mais l’histoire s’enraye en juillet 2016, lorsque le salarié est mis en examen pour complicité et recel d’abus de biens sociaux en bande organisée. L’affaire baptisée à l’époque « Mercato » concernait des transferts douteux du club marseillais. De nombreux personnages influents de l’institution marseillaise avaient été mis en examen (puis finalement blanchis*), notamment les présidents Pape Diouf, Jean-Claude Dassier ou encore Vincent Labrune.

Quelques mois avant d’être vendu par Margarita Louis-Dreyfus à l’Américain Frank McCourt, le club phocéen décide alors de licencier Anigo pour faute grave. Nous sommes en août 2016. Ce dernier décide de poursuivre son ancien employeur au conseil de prud’hommes pour rupture abusive et requiert le paiement de plusieurs indemnités. En effet, un article précis de son contrat de travail prévoit le versement d’une somme équivalente aux rémunérations brutes restant dues jusqu’à la fin de son CDD en cas de « rupture unilatérale par le Club de son contrat pour quelque cause que ce soit ». Montant total de la douloureuse : 3 231 600 euros.

En avril 2019, les prud’hommes considèrent que la rupture anticipée du contrat d’Anigo est justifiée par sa faute, mais refusent de considérer la clause en question comme nulle et non avenue, comme le demande l’OM, et condamnent le club à verser les 3,2 millions d’euros à son ex-salarié. Une décision dont a immédiatement fait appel le club phocéen, sans succès donc. Selon nos informations, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé en tout point le jugement de première instance le 8 septembre dernier. Voilà qui devrait assombrir les finances du club, qui se trouvait selon une interview de Pablo Longoria dans La Provence en octobre dernier dans une « situation économique favorable ». Un fin connaisseur du club relativise toutefois cet impact : « Je ne sais pas si ces trois millions sont un fort prix à payer pour s’être séparé d’Anigo, le sentiment général est que le club se porte bien mieux depuis son départ. » Contacté, l’Olympique de Marseille n’a pas souhaité faire de commentaires. Les avocats de José Anigo n’avaient pas répondu à nos sollicitations à la publication de cet article.

*Comme le relatait La Provence en mai 2022, tous ces dirigeants de l’OM ont finalement été blanchis, dont José Anigo. À l’époque, dans les colonnes du quotidien régional, son avocat Emmanuel Molina avait indiqué que son client était « satisfait de voir la réalité de son innocence pleine et entière rétablie et enfin reconnue par la justice » , louant un « homme qui fut un grand directeur sportif de l’OM et un serviteur dévoué du club et de ses dirigeants ».