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Médias - Culture

Focus sur la radio, chantier numérique… les premiers pas prudents d’Hervé Beroud au sein de M6-RTL

Le transfuge du groupe RMC BFM a pris son poste de directeur de l’information dans sa nouvelle maison le 14 octobre dernier.

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BERTRAND GUAY / AFP

Loin d’une arrivée en fanfare, la prise de poste d’Hervé Beroud en tant que directeur de l’information du groupe M6 a plutôt eu les allures d’un retour à la maison. C’est en effet chez RTL, au service des sports précisément, que le journaliste a commencé sa carrière en 1986, avant d’en gravir tous les échelons : présentateur de la matinale, de RTL Soir, puis directeur de la rédaction. Le tout, avant de rejoindre BFM TV en 2010, en tant que directeur de la rédaction. En 2019, Beroud a finalement été nommé directeur général délégué d’Altice Média aux côtés de Marc-Olivier Fogiel. Mais après la finalisation de la vente du groupe à CMA CGM, les deux compères ont quitté le navire à l’été dernier.

Le 14 octobre dernier, Hervé Beroud est donc revenu à ses premières amours. Le jeudi suivant, devant les rédactions de M6 et de RTL, l’homme de média aujourd’hui âgé de 60 ans a ainsi expliqué qu’il entendait concentrer l’essentiel de son travail sur la radio dans un premier temps. Et pour mieux le prouver, c’est en plein cœur de cette dernière qu’il a choisi de s’installer. En difficulté, la station a accusé cette année son plus faible score Médiamétrie jamais enregistré, avec 9 % d’audience cumulée, derrière France Inter, bien en tête, avec 12,2 %. « Il est très attendu par les journalistes pour remonter les audiences, il travaillera davantage sur l’information que sur les programmes », glisse un ancien de la rédaction. Il faut dire que le concurrent Europe 1, en perdition jusqu’à il y a peu, reprend des couleurs : galvanisée par ses émissions polémiques, la station a enregistré une forte progression, passant de 3,5 % à 4,2 % d’audience cumulée.

De quoi donner des idées à Hervé Beroud sur la recette à appliquer pour redynamiser RTL ? Loin de là. L’homme de médias a écarté toute velléité de marcher sur les platebandes de sa rivale. « Europe 1 va continuer de progresser, mais il faut qu’on reste dans notre créneau : une information populaire de référence et de qualité », a-t-il affirmé devant des équipes rassurées. Quid des grands projets pour la station ? « Forcément, on se demande ce qu’il va pouvoir faire, interroge un journaliste. OK, il est compétent, mais va-t-il avoir les coudées franches pour investir sur l’info, envoyer les reporters en reportage ? » Au-delà des moyens alloués, plusieurs expriment leur besoin de voir exister RTL en tant que tel dans le groupe M6. « Notre façon de travailler a été profondément bouleversée lors du rachat, ce qui a pu générer de la souffrance. On a besoin d’apaisement, on attend de lui qu’il nous défende », plaide un ancien. En ce sens, la première prise de parole a pu rassurer les inquiets : « RTL est une marque, tout le monde connaît RTL », a martelé Beroud à plusieurs reprises. « Il a vraiment fait bonne impression », confie un reporter.

Mais M6 n’est jamais loin : « Il est aussi là pour accentuer les synergies entre M6 et RTL, même si on ne sait pas vraiment encore en quoi ça consiste », se questionne un journaliste. De leur côté, les équipes de la chaîne ont aussi eu droit à un court discours de présentation de la part du nouveau boss de l’info. Un visage de la Six, bon connaisseur de Beroud, confie à l’Informé avoir été rassuré par son arrivée : « C’est quelqu’un qui tranche, qui prend des décisions et qui les assume. Et ça, ça fait du bien dans une rédaction ! » « On sentait qu’il découvrait un peu l’antenne, relate un autre journaliste présent. Il a dit qu’il appréciait ce qu’on faisait, qu’il avait de bonnes surprises ». Cette posture d’observateur n’a pas été pour déplaire aux salariés interrogés par l’Informé, qui ont apprécié que Beroud ne s’immisce pas tout de go dans les affaires courantes de la chaîne. Alors que certains lui demandaient si son projet était de s’inspirer de sa précédente maison, BFM, et de développer davantage l’actu chaude, Beroud a rejeté tout bouleversement imminent. « Il nous a expliqué qu’il n’allait pas révolutionner ce qu’on faisait, qu’il n’y avait pas de volonté de se calquer sur BFM. De toute façon, on est déjà à flux tendu… on peut difficilement faire plus », lâche un salarié.

Le développement du numérique dans le groupe sera aussi assurément un chantier majeur de l’ère Hervé Beroud, qui a assuré travailler sur des avancées dans ce domaine. « C’est l’une des meilleures portes d’entrée pour faire venir les gens chez nous, estime un journaliste. Les équipes web, notamment, attendent une vraie stratégie, une vision. » À plus long terme, le football devrait mobiliser le directeur : M6 a obtenu au printemps dernier les droits de diffusion des deux prochaines coupes du monde, en 2026 et 2030. Des séquences d’actualités sportives très fortes seront donc à prévoir pour le groupe. « Son arrivée génère beaucoup d’espoir. On se dit : si c’est le Hervé qu’on a connu y a 15 ans, tant mieux, car c’est un vrai journaliste, quelqu’un de compétent », croit savoir un taulier du groupe. Au global, personne ne semble avoir quelque chose à redire sur le nouveau chef de l’info. « On est toujours aussi mal payés, mais il vient d’arriver, on ne peut pas dire que ça soit de sa faute », taquine un reporter d’RTL.

Contacté, Hervé Beroud explique recevoir « beaucoup de monde » côté radio et côté télé : « j’entre dans les dossiers du quotidien comme dans les chantiers à court ou moyen termes », a-t-il indiqué à l’Informé. Pas de chamboule-tout à l’horizon, donc : « Les grilles de rentrées sont toutes récentes, il n’y a donc pas de décisions urgentes à prendre ».