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Continuer la lectureChimène Badi en guerre avec son ancien manager
La brouille était restée secrète. L’interprète de Entre nous et son ancien agent, Yves El-Baze, se livrent un combat sans merci. Aujourd’hui, elle l’accuse carrément d’abus de bien sociaux.
Elle en fera peut-être un jour une chanson. Depuis six ans maintenant, la chanteuse Chimène Badi se déchire avec son ancien manager, Yves El-Baze, également connu pour avoir représenté Barry White ou Kool & The Gang. Les deux anciens amis se sont encore retrouvés le 7 juillet dernier au tribunal correctionnel de Paris pour en découdre.
Il faut remonter le temps pour comprendre la genèse de ce conflit. Souvenez-vous. En 2002, lors du casting bordelais de Popstars, le télécrochet de M6, elle épate le jury en chantant a capella L’envie d’aimer. Admise dans la saison 2 de l’émission, elle est toutefois écartée au fil de la compétition mais tape dans l’œil d’un des jurés, le producteur Valéry Zeitoun, alors directeur du label AZ (Universal Musique). Celui-ci décide de travailler avec elle. Après plusieurs albums à succès, elle préfère toutefois s’en séparer en 2012 après sa participation à l’émission Danse avec les stars sur TF1. Elle estime qu’il l’aurait forcée à y participer pour promouvoir son album.
C’est à ce moment qu’entre en jeu Yves El-Baze, qui avait produit quelques mois plus tôt un titre de Chimène Badi, Ain’t No Mountain High Enough, en duo avec Billy Paul. C’est Universal qui les avait mis en contact. La carrière de l’artiste se poursuit avec la sortie en 2015 de Au-delà des maux, son sixième album. C’est aussi cette année-là qu’Yves El-Baze réussit un tour de force : il met la main sur 50 % du capital de Chimène Badi Entertainment, la société de la chanteuse, et en devient l’unique gérant à sa place, sans verser un centime à la chanteuse. La société est rebaptisée « Badi El-Baze Entertainment ». L’avocat de Chimène Badi, Me Michaël Cahn, justifie cette générosité par les pressions qu’aurait exercées El-Baze. « Il avait une forme d’emprise sur elle », explique-t-il à l’Informé.
En 2017, Chimène Badi prend conscience de ce qui lui est arrivé. De l’entourloupe financière dont elle aurait été victime mais aussi du rôle néfaste qu’aurait pu jouer El-Baze dans sa carrière dont elle estime perdre le contrôle. « Les gens essaient souvent de vous transformer et de vous emmener là où vous ne devriez pas, déclara-t-elle au site luxembourgeois Le Quotidien. On peut se perdre et ne plus savoir qui on est ».À partir de là, le combat commence. Elle tente d’abord de récupérer des rappels de salaires pour ses prestations de l’été 2017, mais n’obtient gain de cause ni aux prud’hommes, ni auprès du tribunal de commerce. En 2018, Yves El-Baze contre-attaque en saisissant à son tour le tribunal de commerce au nom de la société et en son nom propre. Le motif ? Il accuse le Groupe Nice Matin, Universal Music et un médecin niçois d’avoir été de mèche avec Chimène Badi pour orchestrer une véritable machination à son encontre.
Dans le cadre de la tournée Nice Matin-Var Matin de l’été 2017, le groupe de presse avait versé 135 000 euros à Badi El-Baze Entertainment en échange de 33 concerts de la chanteuse. Mais selon l’agent, l’éditeur a en parallèle et à son insu sponsorisé quatre autres représentations de la chanteuse. La maison de disques aurait de son côté directement signé avec l’artiste un contrat de licence pour la promotion de son album « Méditerranéennes », tandis que le docteur Emmanuel Mulin aurait, lui, rédigé un faux certificat médical, afin de lui éviter deux concerts de cette même tournée estivale sur les collines de Nice.
Premier camouflet
Pour la société BEE et lui-même, ces représailles s’avèrent être un véritable échec. Il a non seulement dû faire une croix sur le demi-million d’euros qu’il réclamait en étant débouté de toutes ses demandes, mais le tribunal de commerce de Paris l’a également condamné en décembre 2020 avec sa société à verser 60 000 euros de dommages et intérêts, dont 50 000 euros pour Chimène Badi, et 35 000 euros pour les frais de procédures. À ce jugement s’est ajoutée la mise en liquidation anticipée de BEE. Un traitement qu’Yves El-Baze juge « étrangement excessif ». Deux ans et demi plus tard, il n’a d’ailleurs toujours pas réglé son dû.
Fin de l’histoire ? Non, Chimène Badi qui a décidé de gérer sa carrière sans manager depuis le début de l’affaire, entend bien faire payer son ancien agent. En octobre 2021, elle a entamé une procédure pénale contre lui en déposant plainte pour abus de bien sociaux et banqueroute par détournement d’actifs. Elle l’accuse d’avoir organisé son insolvabilité pour ne pas avoir à régler ses dommages et intérêts. À l’issue d’une enquête, le Parquet a renvoyé Yves El-Baze devant le tribunal correctionnel et une première audience s’est donc tenue le 7 juillet dernier. Lors de laquelle un report au 9 février 2024 a été acté. De quoi laisser tranquillement Chimène Badi poursuivre la promotion de son dernier opus, Chimène chante Piaf. Mais la bataille n’est pas terminée.