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Continuer la lectureCentre Pompidou : une « section » consacrée à l’Arabie saoudite inquiète l’UNSA
Selon la section syndicale de l’établissement, la direction aurait accepté qu’une partie du musée une fois rénové soit dédiée au royaume en contrepartie des 50 millions d’euros versés par Riyad pour sa rénovation.
Branle-bas de combat chez les personnels du Centre Pompidou. Le 27 juin, le Conseil d’administration du centre Pompidou a approuvé un accord avec la Royal Commission of Al-Ula – l’entité administrative saoudienne chargée du développement du site archéologique éponyme – prévoyant le versement de 50 millions d’euros pour la rénovation du musée, comme cela avait été annoncé en décembre 2024.
« Ce que le [conseil d’administration] ne dit pas, c’est qu’en contrepartie le Centre Pompidou s’engage à consacrer “une section” du bâtiment rénové au Royaume d’Arabie saoudite qu’il intitulera “Le Royaume d’Arabie saoudite” , tempête la section locale du syndicat UNSA dans un e-mail envoyé aux personnels, consultés par l’Informé. Ceci pendant 25 ans à compter de la réouverture ! ».
Selon le syndicat, cette « section » mise à disposition du royaume pourrait correspondre à un plateau, d’une surface d’environ 7 500 mètres carrés, mais le président du Centre Pompidou n’aurait pas donné plus d’informations. L’UNSA indique que les trois représentants du personnel présents au conseil d’administration ont voté contre cet accord, mais que l’ensemble des autres membres auraient émis un avis favorable et sans réserve.
Siègent au conseil d’administration du Centre Pompidou cinq représentants de l’État (dont le secrétaire général du ministère de la culture et le directeur du budget), deux députés et deux sénateurs, la maire de Paris ou son représentant, quatre personnalités françaises ou étrangères choisies par la Ministre de la culture – notamment Valérie Pécresse, depuis le 23 mai – et trois représentants du personnel élus.
« Ce contrat permet au “Royaume d’Arabie saoudite” de prendre place au sein de l’établissement pendant 25 ans ! », enrage l’UNSA. « Les agents du Centre Pompidou ne se sont pas engagés pour faire la promotion d’un “Royaume”. Avec cette recherche frénétique d’argent, l’âme, l’esprit, la raison d’être du Centre Pompidou sont gravement atteints. Monsieur le Président, il vous appartient de stopper cette dérive funeste ! »
« Le contrat d’application [étant] encore en cours de discussion, il est donc trop tôt pour vous répondre », déclare le service presse du Centre Pompidou, contacté par L’Informé.