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Continuer la lectureLes péripéties de Tissot (groupe Swatch) sur les Champs-Élysées
L’horloger suisse a discrètement acquis les murs de sa boutique de montres haut de gamme, située au 76 de l’artère. Une belle opération entachée par une bisbille sur l’atelier d’à côté…
Quand une marque de luxe risque d’être mise à la porte… Selon nos informations, le Tribunal judiciaire de Paris vient d’autoriser l’expulsion de l’horloger Tissot de ses ateliers des Champs-Élysées s’il ne libérait pas de lui-même les locaux d’ici juin prochain. Le jugement fait suite à de longs mois de discorde entre la pépite du groupe Swatch et son bailleur SCI Champs-Élysées. En juin dernier, la fameuse griffe de montres a été assignée devant le juge des référés pour s’être maintenue, à l’échéance de son bail, dans cet espace faisant office d’atelier de réparation pour la marque. Des bureaux situés à l’entrée de la galerie marchande des arcades des Champs-Élysées, loin d’être accessoires puisqu’ils permettent à Tissot d’assurer un service après-vente rapide et efficace à ses clients. Durant l’été, les deux parties ont convenu d’un protocole de conciliation accordant, à titre dérogatoire, la possibilité pour l’enseigne de continuer à occuper les lieux jusqu’à fin juin 2025. Mais les relations restent donc très tendues…
Et ce n’est pas là le seul pépin rencontré par Tissot sur les Champs-Élysées. À quelques pas des ateliers, l’horloger a eu maille à partir avec un autre bailleur, SCI Élysées Loisirs, propriétaire de sa boutique au 76 de l’avenue. Un dossier qui en dit long sur les prix désormais pratiqués sur l’artère. Car dès 2020, la SCI en question a voulu profiter du renouvellement du bail pour demander une revalorisation du loyer : elle exigeait 751 000 euros par an pour ces locaux de 54 mètres carrés répartis sur un rez-de-chaussée et un étage. Le groupe Swatch estimait, pour sa part, que le prix ne devait pas dépasser 391 776 euros. S’en est suivi, comme souvent en matière de baux commerciaux, une longue bataille juridique : « Lors d’un renouvellement de bail commercial, le propriétaire a, sous certaines conditions, la possibilité de déplafonner le loyer - baux de plus 9 ans, locaux à usage unique -, ce qui a visiblement été le cas en l’espèce, rappelle Prune Schimmel, avocate spécialisée en droit de l’immobilier au sein du cabinet Herbière, Frachon, Shimmel. En cas de désaccord entre les parties pour fixer le montant du loyer, les juges sont sollicités pour trancher en fonction de la valeur locative. »
S’appuyant sur une expertise détaillée, le Tribunal judiciaire de Paris a finalement fixé le loyer annuel de la boutique Tissot à 591 603 euros. Pour ce faire, les juges se sont appuyés sur une valeur locative estimée à 11 000 euros le mètre carré pour l’ensemble des locaux. Une décision qui pourrait désormais servir de référentiel aux futures négociations entre les locataires et leurs bailleurs dans cette partie des Champs-Élysées… Mais n’aura aucun impact pour Tissot. En effet, le groupe Swatch a, entre-temps, discrètement mis la main sur les murs de sa boutique, a appris l’Informé. Une transaction à 17 millions d’euros bouclée fin 2023, d’autant plus significative qu’elle constitue la première acquisition du mastodonte de l’horlogerie suisse sur l’artère. Multilocataire sur les Champs, Swatch y est notamment très vue avec son mégastore au numéro 104 et la boutique de sa marque de prestige Omega, au 94.
Contactés, ni le groupe Swatch, ni les SCI bailleurs, n’ont souhaité répondre à nos sollicitations.