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Continuer la lectureNaval Group rejoint Défense Partners, le business angel de la défense
Le réseau d’investisseurs spécialisé dans le financement des start-ups stratégiques recrute de nouveaux parrains industriels et poursuit ses implantations.
Après six mois d’existence, Défense Partners, le club d’investisseurs industriels lancé par Défense Angels vient de décrocher un nouvel adhérent : Naval Group. Le constructeur naval rejoint ainsi le missilier MBDA dans le cercle des sociétés désireuses d’investir dans les jeunes pousses de la défense...
Créé en avril, Défense Partners est le deuxième étage de la fusée que veut déployer Défense Angels, le réseau lancé en 2022 par Guy Gourevitch et François Mattens, l’ex-directeur des affaires publiques et de l’innovation du Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres (GICAT). Mais là où Défense Angels fédérait des investisseurs privés, des business angels, prêts à entrer au capital de start-ups avec des premiers tickets modérés, Défense Partners vise des prises de participations plus conséquentes, allant de 500 à 2 millions d’euros. À la différence du premier club, le second est ouvert aux entreprises. L’idée est de ne pas en rester là. Guy Gourevitch espère lancer au premier semestre 2024 Défense Ventures, un nouveau fonds d’amorçage destiné cette fois aux investisseurs institutionnels, en complément des deux premières structures et en amont de fonds comme Definvest ou le Fonds Innovation Défense (FID) du ministère des armées. Défense Ventures pourrait aussi venir en aide à des entreprises stratégiques en difficulté afin d’éviter de les voir passer, avec leurs technologies sensibles, entre les mains de puissances étrangères.
Le réseau Défense Angels poursuit par ailleurs, en parallèle, son maillage territorial pour identifier les jeunes entreprises prometteuses en mal d’argent, qu’elles soient dans la sécurité, le cyber, le spatial, l‘IA, le calcul haute performance ou les nouveaux matériaux. Après Toulon, Toulouse et Bordeaux, c’est au tour de l’est et l’ouest d’accueillir de nouvelles antennes. Le club prépare son implantation à Lyon, Strasbourg et Brest. Cinq start-up, comme Opus Aerospace (spatial), Snowpack (cybersécurité) ou Eos Technologies (aéronautique) ont déjà bénéficié de son accompagnement en 2022.
« Compte tenu des difficultés des jeunes entreprises de la sécurité de trouver des financements auprès des banques, c’est au secteur privé de prendre le relais, regrette Guy Gourevitch. Le secteur bancaire reste dans le déni : il assure que ses lignes de crédit augmentent, mais elles vont surtout vers les grands groupes aux trajectoires hyper sécurisées. » De fait, par crainte des campagnes menées par les ONG sur des financements jugés peu éthiques et les conséquences d’un bad buzz sur leur réputation, la plupart des banques ont adopté des clauses très restrictives et limitent leurs mises. La mission flash confiée aux députés Françoise Ballet-Blu et Jean-Louis Thiériot sur le financement de la base industrielle et technologique de défense (BITD) en 2021 et le rapport d’information du député Christophe Plassard sur l’économie de guerre de 2023 ne disaient pas autre chose.