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Continuer la lectureDeux banquiers créent une structure pour investir dans la défense
Lancée par deux associés de la boutique de fusions-acquisitions XV Finance, Durandal Capital s’est entourée de trois anciens hauts gradés.
Si l’Europe de la défense est sur toutes les lèvres, sa concrétisation peine à voir le jour. Le mois dernier, quatorze pays membres de l’Union ont toutefois adressé une lettre commune à la Banque européenne d’investissement pour qu’elle finance davantage de projets. En attendant, le secteur privé commence timidement à s’emparer du sujet. Dernière initiative : la création d’une société d’investissement dédiée à la défense. Baptisée Durandal Capital, elle vient de voir le jour sous l’impulsion des associés de la boutique de fusions-acquisitions de XV Finance, Alain Eme et Christophe Chaperon, a appris l’Informé.
Conseillés par le cabinet d’avocats August Debouzy, les deux entrepreneurs ont créé ce véhicule d’investissement evergreen (ici une Société de capital risque, SCR) pour prendre des participations de 1 à 10 millions d’euros dans des entreprises françaises de la défense. Un secteur éminemment stratégique qui regroupe plusieurs milliers d’acteurs et près de 300 000 emplois directs et indirects. « Nous avons choisi de nous entourer d’un comité d’experts composé du général Eric Bellot des Minières, du général Marc de Fritsch, actuellement président de la société Masa (Ndlr, éditeur de logiciels de formation et d’entraînement des états-majors militaires, soutenu par le fonds Albarest Partners), et d’Emmanuel Chopin, ancien capitaine de frégate et commando marine, à la tête de la société Novakamp (Ndlr, spécialiste de l’approvisionnement en énergie, détenu par Sparring Capital) », confie Christophe Chaperon.
Les partenaires financiers de la SCR ? À ce jour, une mutuelle bien connue des militaires, mais aussi des entrepreneurs, attirés par cette stratégie d’investissement atypique et par la promesse d’un rendement annuel compris entre 10 et 15 %. « Cet objectif de rendement est globalement moins élevé que dans le private equity car nous avons conscience que les possibilités de revente de ces sociétés sont moins nombreuses, souligne le cofondateur. Néanmoins, nous pensons que de vraies stratégies de consolidation peuvent être menées pour accroître la valeur de ces entreprises. » Le choix de la SCR n’est pas totalement anodin. D’un point de vue fiscal, les dividendes et la plus-value sont exonérés d’impôts (après une période de conservation de cinq ans), tandis que l’investissement est éligible à l’article 150-O B Ter du code général des impôts, permettant de bénéficier d’un report d’imposition sur les plus-values réalisées il y a moins de deux ans.
La SCR échappe aussi aux contraintes ESG qui pèsent sur les fonds d’investissement. De facto, elle peut directement financer un fabricant d’armes ou de munitions, si elle le souhaite. En France, le seul acteur privé de l’investissement à avoir osé toucher au secteur de la défense est Weinberg Capital Partners. La société de gestion de Serge Weinberg a officiellement lancé en début d’année dernière Eiréné, un fonds doté de 100 millions d’euros pour son premier closing. Bpifrance gère pour sa part deux fonds, Definvest (lancé en 2017 par la Direction générale de l’armement) et en 2020, Definnov, dédié à l’innovation dans la défense.