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Continuer la lectureLe fabuleux patrimoine immobilier des héritiers Lissac
La société Cofima, appartenant à la famille d’Anne-Marie Lissac, héritière du célèbre lunetier, vient de perdre une longue bataille contre le fisc. L’occasion de découvrir une foncière au patrimoine prestigieux.
C’est la fin d’une longue bataille opposant le fisc à une richissime foncière française. Dans une décision datée du 11 juin dernier, le Conseil d’État a rejeté le pourvoi formé par la société immobilière Cofima qui s’opposait à un redressement fiscal infligé pour les années 2011 et 2012. Les détenteu...
À l’époque, les autorités fiscales s’étaient en effet interrogées sur le fait que plusieurs millions d’euros de dividendes aient pu être remontés de la société Cofima, basée en France, vers sa holding Berlioz Investment, logée au Luxembourg, en toute exonération d’impôt dans l’Hexagone.
Et pour cause ! Le fisc n’avait pas pu obtenir la certitude que la holding en question détenait bien un siège de « direction effective », et donc une activité réelle dans l’État du Grand-Duché. « C’est une condition actée par le Conseil d’Etat pour pouvoir bénéficier de l’exonération fiscale sur les remontées de dividendes au sein de l’Union européenne et, ainsi, éviter la retenue à la source en France », explique Michel Turon, associé au sein du cabinet UGGC Avocats. En l’espèce, les investigations s’étaient d’ailleurs révélées d’autant plus floues que l’actionnaire unique de la holding Berlioz était une société dénommée Jeroda Promotion Ltd immatriculée aux Îles Vierges britanniques...
Une dizaine d’adresses prestigieuses au sein de Cofima
Depuis cette histoire - pour laquelle la famille vient d’être donc définitivement déboutée - de l’eau semble toutefois avoir coulé sous les ponts : un document daté de 2021 indique que la holding Berlioz est aujourd’hui détenue et gérée par Fabrice Darnaud, l’un des trois enfants d’Anne-Marie et Vincent. Surtout, l’affaire a permis de jeter un coup de projecteur sur un patrimoine immobilier familial aussi méconnu que prestigieux…
Pour en saisir toute l’ampleur, un retour en arrière s’impose. Anne-Marie Lissac, deuxième enfant de Georges Lissac, a épousé Vincent Darnaud, un industriel qui a, comme son beau-père, fait fortune dans le secteur de l’optique. Suite à différents rapprochements capitalistiques, le couple a fini par détenir 9 % des parts du groupe Lissac, avant que celui-ci ne finisse par être absorbé par Optic 2000 fin 2003. À la mort de son père, bien des années auparavant, Anne-Marie avait aussi hérité des actions d’une autre société qu’il avait aussi fondée : en l’occurrence l’entreprise Silor -, renommée par la suite Essilor. Héritière d’une jolie fortune, la famille a pu au fil des années la faire fructifier dans la pierre. Ou, plutôt, pourrait-on dire, dans la « belle pierre » pour finalement constituer un patrimoine aujourd’hui logé au sein de différentes sociétés immobilières détenues par Céline, Fabrice et Muriel, les trois enfants d’Anne-Marie et Vincent. Des sociétés sur lesquelles les parents ont néanmoins conservé un droit de regard et les droits de vote…
Cofima est la plus juteuse d’entre toutes. À elle seule, cette société détient ainsi au bas mot une dizaine d’adresses situées dans les beaux quartiers de la capitale. Parmi les pépites qu’elle abrite, citons notamment le 173, boulevard de Saint-Germain, un immeuble de plus de 1 000 mètres carrés, actuellement loué à l’enseigne Ralph Lauren, et qui accueille en concession le très branché restaurant Ralph’s, filiale de Loulou Groupe (Barrière). Au 112, rue de Rivoli, la société est également propriétaire d’un immeuble historique de plus de 500 mètres carrés toujours occupé par l’enseigne d’optique Lissac.
Et ce n’est pas tout. Cofima détient aussi notamment plusieurs milliers de mètres carrés de bureaux parisiens logés à de prestigieuses adresses comme le 51, rue Ampère (17e arrondissement), le 29, rue de Bassano (8e), le 36, rue Beaujon (8e) ou encore le 43, rue Boissière (16e), tout proche de la place de l’Étoile. Au 49, rue de Wagram, la foncière détient même un bien qui rassemble bureaux, logements et commerces.
Patiemment acquis au fil des ans, ce joli patrimoine n’a visiblement pas rassasié la faim de la foncière. En avril dernier, la société Cofima a ainsi mis la main sur un immeuble de 550 mètres carrés, mixant résidentiel et commerces. Situé 81, rue de Seine (6e arrondissement), il a été acquis pour la coquette somme de 8,3 millions d’euros, a appris l’Informé.
De nombreux placements dans l’hôtellerie de luxe
Évidemment, le gigantesque Monopoly de la famille Lissac/Darnaud ne se cantonne pas à l’immobilier de logements ou de bureaux. Car il ne fait pas l’impasse sur l’hôtellerie de luxe parisienne. Ainsi, toujours à travers la foncière familiale Cofima, Anne-Marie, Vincent et leurs trois enfants, détiennent les murs de l’hôtel d’Aubusson (un cinq étoiles sis au 33, rue Dauphine), de la Villa-des-Prés (29, rue de Buci), ainsi que de la Villa Saint-Germain-des-Prés (29, rue Jacob). La famille gère l’exploitation de ces très chics établissements à travers différentes sociétés.
La société Cofima qui - on l’aura compris - est une foncière bien garnie, n’est toutefois pas le seul véhicule à compiler le patrimoine de la famille. En France, les Lissac/Darnaud détiennent plusieurs autres sociétés immobilières aux portefeuilles joliment achalandés. Dans l’hôtellerie toujours, ils possèdent ainsi les murs et l’exploitation de la Villa du Pyla, sur le bassin d’Arcachon, mais aussi le Millésime Hôtel, non loin de Saint-Germain-des-Prés dans la capitale… La SCI Cofinvest, qui loge les murs de ce dernier établissement, possède, en outre, près de 1 400 mètres carrés de bureaux au 57, rue Ampère (17e arrondissement). Enfin, pour parfaire ce joli tableau, la famille détient plusieurs biens, à travers la société Coparfi, dont un immeuble d’habitation au 62, rue de Seine dans le 6e arrondissement, acquis en 2024 pour 12,5 millions d’euros, ainsi que des bureaux au 39, rue Marbeuf, dans le 8e : une copropriété où l’on retrouve aussi domiciliée une certaine société… Cofima.
Contacté à plusieurs reprises par le biais de l’Hôtel Aubusson, le gérant de Cofima, Nicolas Guipet, n’a jamais répondu à nos sollicitations. De même que les avocats de la société immobilière : Fabrice Maraux, du cabinet Archers, ainsi que le cabinet Piwnica et Molinié.