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Immobilier

Jean-Louis Costes songe à vendre le célèbre hôtel La Trémoille à Paris

L’homme d’affaires aveyronnais est propriétaire de cet établissement historique du Triangle d’Or depuis fin 2022. Un vaste de plan de rénovation du lieu est prévu.

Seules 32 chambres et suites sont actuellement ouvertes dans ce fleuron de l’hôtellerie parisienne.
Seules 32 chambres et suites sont actuellement ouvertes dans ce fleuron de l’hôtellerie parisienne. Chazouillères Guillaume

Orson Welles, Louis Armstrong, Lady Gaga ou encore Johnny Depp y ont séjourné… Lorsqu’on pénètre aujourd’hui dans l’hôtel La Trémoille, à deux pas des Champs-Élysées et des très chics avenues Montaigne et Georges V, l’ambiance n’est pourtant plus au faste d’antan. À l’entrée du 14 rue de la Trémoille...

Longtemps resté fermé suite à la période du Covid, l’hôtel s’apprête à subir une rénovation en profondeur. Une cure de jouvence sans doute nécessaire pour un objectif plus discret celui-ci. Selon plusieurs sources, l’actuel propriétaire des lieux est à l’écoute du marché pour une vente de l’établissement. Un propriétaire bien connu du marché puisqu’il s’agit de Jean-Louis Costes, le pape de la restauration et de l’hôtellerie parisienne, actionnaire d’une quarantaine de brasseries et restaurants (Café Marly, Le Georges, Le Divellec) et détenteur du célèbre Hôtel Costes. Le prix de 150 millions d’euros serait attendu pour céder les murs et le fonds de commerce.

Jean-Louis Costes a récupéré l’hôtel en deux étapes

C’est à la fin de l’année 2022 que Jean-Louis Costes - 257e fortune de France, selon le dernier classement de Challenges - a récupéré le fonds de commerce de l’Hôtel La Trémoille, placé en redressement judiciaire suite aux difficultés de son ancien exploitant le groupe hôtelier JJW du cheikh saoudien Al Jaber. Un joli coup de Monopoly pour l’homme d’affaires aveyronnais qui avait déjà acquis les murs de l’établissement en 2007 auprès de la Caisse des mines.

À l’époque de cette prise de contrôle en 2022, l’établissement - vieillissant et peu entretenu - avait toutefois perdu de sa superbe et remisé ses 5 étoiles au placard. Selon nos informations, le nouveau maître des lieux, Jean-Louis Costes, aurait alors modestement choisi de faire reclasser l’adresse en 3 étoiles (ce qu’il a obtenu en début d’année), avant d’initier un plan de rénovation qui doit permettre de redorer le blason de l’établissement de prestige.

Le marché de l’hôtellerie parisienne en plein boom

Difficile à ce stade de savoir si le groupe Costes envisage une cession avant l’achèvement des travaux. Une chose est sûre, la mise sur le marché d’un tel joyau - même quelque peu abîmé pour l’heure - sera probablement étudiée de près par de potentiels repreneurs. D’autant que certaines procédures administratives sont déjà validées : un permis de construire pour un deuxième niveau de sous-sol vient de recevoir un avis favorable de l’administration.

Le marché de l’hôtellerie - et de l’hôtellerie parisienne en particulier - connaît une véritable accélération depuis un an. Au premier semestre 2024, 1,5 milliard d’euros ont été investis dans les murs et fonds d’hôteliers, en hausse de 13 % sur un an, selon JLL France, cabinet de conseil en immobilier d’entreprise. À lui seul, le marché parisien concentre 1 milliard d’euros d’investissements. « Le retour en force de la clientèle internationale, l’effet Jeux olympiques offrent des performances exceptionnelles aux hôteliers : le revenu par chambre disponible dépasse aujourd’hui celui enregistré avant Covid, explique Laura Ben-Ibgui, responsable des transactions hôtelières chez JLL. Les investisseurs étrangers comme nationaux sont l’affût des opportunités à saisir. » En mars, le groupe de tourisme coréen Sono International avait ainsi mis la main sur l’hôtel Dame des Arts, un 4 étoiles de Saint-Germain-des-Prés, pour 120 millions d’euros. Et en mai, le spécialiste de l’immobilier singapourien City Developments Limited avait acquis l’hôtel Hilton de Paris Opéra pour 240 millions d’euros. Une boulimie qui n’est pas près de s’arrêter.

Contactés, ni la direction de l’hôtel ni Jean-Louis Costes n’ont répondu à nos sollicitations.