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Grande conso

Le bureau exécutif de la fédération des particuliers employeurs (Fepem) révoqué

En pleine crise, l’organisation a choisi ce mercredi de révoquer son organe directeur suite aux deux plaintes déposées contre la présidente historique. Des salariés s’étaient pourtant rassemblés ce matin pour protester contre cette mesure.

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Nouvel épisode dans la situation de crise inédite que traverse la Fepem, la Fédération des particuliers employeurs de France. Ce 10 juillet, son conseil des présidents extraordinaire, équivalent d’un conseil d’administration ici, a décidé de révoquer le bureau exécutif de l’organisation. « Je pense que cette décision prématurée risque de plonger la Fepem dans une situation de blocage grave », a réagi à chaud une salariée à l’annonce de la nouvelle. Le matin même, cette employée était présente devant l’hôtel Mercure Paris Montmartre, lieu où se tenait la réunion en question. « On sait qu’on risque des représailles… mais on est quand même là » déclarait-elle alors, auprès d’une trentaine de ses collègues.

« Je ne pensais pas qu’on serait si nombreux », avait alors soufflé, médusée, l’une d’entre eux. Depuis plusieurs semaines, la fédération représentant les 3,3 millions de particuliers français qui emploient à domicile plus d’1,3 million de salariés est en pleine crise. Elle se déchire autour du sort de sa présidente historique Marie Béatrice Levaux. Aujourd’hui simple coprésidente, elle est visée par deux plaintes : la première pour abus de confiance, comme nous l’avions révélé le 18 juin. La seconde pour corruption, dévoilée par Le Parisien. Toutes deux ont été déposées au nom de la fédération par l’une de ses coprésidentes, Sigried Debruyne, et son directeur général, Pierre Olivier Ruchenstain.

Comme nous l’avions indiqué, lors d’un conseil des présidents extraordinaire, équivalent d’un conseil d’administration ici, l’assemblée s’était prononcée le 19 juin pour la tenue d’un vote sur la révocation du bureau exécutif de l’organisation. Ce dernier rassemblait la dépositaire de la plainte, Sigried Debruyne, ainsi que la troisième coprésidente Pascale Villiers et trois vice-présidents de la fédération. C’est justement contre cette menace de révocation que certains salariés ont souhaité monter au créneau : « Tout se fait dans la précipitation, et donne le sentiment d’une forme de punition, estime une salariée. Nous sommes mobilisés pour maintenir un statu quo. »

Affublés d’un badge « Touche pas à mon lanceur d’alerte », ces employés - parfois venus de l’autre bout de la France - avaient tenu à montrer leur soutien à Sigried Debruyne, mais aussi à deux membres du bureau acquises à la cause de cette dernière, Marielle Brouard et Nadine Pradier. Émues, les trois membres du bureau s’étaient serrées les unes contre les autres, sous les applaudissements de l’assemblée. « Ça me réjouit de voir ce rassemblement, nous a alors confié Nadine Pradier, quelques minutes avant la réunion. Aujourd’hui, j’ai l’impression de passer devant un tribunal, c’est incompréhensible : on est en train de vouloir révoquer ceux qui mettent en avant la vérité. » « Ils ont déroulé le bulldozer et ils ont foncé », a appuyé Marielle Brouard.

Badge porté par les salariés pour soutenir Sigried Debruyne, Marielle Brouard et Nadine Pradier.

Dans le détail, deux votes distincts ont eu lieu : le conseil s’est prononcé pour la révocation de Sigried Debruyne, Marielle Brouard et Nadine Pradier du bureau exécutif, puis pour celle des autres membres du bureau, Stéphane Lebrun et Pascale Villiers. Un nouveau bureau exécutif a ensuite été élu, composé de Julie L’Hotel Delhoume, Michèle Kerrad, Véronique Dubeau Valade, Peggy Schoonenberg et enfin Stéphane Lebrun, seul sortant de l’ancien bureau reconduit. « Le conseil des présidents a choisi de tenter de faire taire les dénonciateurs de conflits d’intérêts et des infractions commises par des membres de la gouvernance au préjudice des particuliers employeurs », a réagi dans la soirée Marielle Brouard auprès de l’Informé.

Le tout ne devrait pas plaire à la résistance qui s’organise depuis plusieurs semaines dans la fédération. Une pétition lancée par la CFDT demandant le maintien à titre conservatoire du bureau exécutif avait par exemple récolté le soutien de plus de 50 % des salariés. Aussi, dans une lettre ouverte diffusée le 8 juillet, les délégués de la Fepem Paca/Corse, présidée par Nadine Pradier, avaient indiqué qu’il leur semblait « inconcevable de remettre en cause […] des membres du bureau exécutif », une révocation pouvant « constituer un péril imminent pour la FEPEM ». Et d’ajouter que s’il était « incontestable que Marie Béatrice Levaux a été pendant des décennies, de façon brillante et visionnaire, l’architecte de notre fédération et de l’écosystème actuel », il n’était pas possible d’« étouffer ces affaires ».

Selon nos informations, Sigried Debruyne prévoit de déposer dans les prochains jours une requête en référé devant le tribunal judiciaire de Paris pour contester sa révocation. « Outre son caractère irrégulier, cette révocation a donné lieu à de multiples contestations et menace gravement la continuité de la mission que la Fepem se doit d’accomplir au service de ses adhérents », a fait savoir la coprésidente à l’Informé. En sus, Sigried Debruyne prévoit « conformément à ses demandes répétées auprès des présidents », de « redemander la nomination d’un administrateur provisoire qui aurait pour mission de veiller au fonctionnement normal de la fédération et de procéder à la convocation du conseil des Présidents et des bureaux exécutifs pour décider de la marche à suivre dans les prochaines semaines et les prochains mois ».

Contactée, Marie Béatrice Levaux n’a pas répondu à notre sollicitation.

Actualisation de l’article le 10/07 à 13 h 38 puis à 14 h 48, suite au vote du conseil des présidents pour la révocation du bureau exécutif de la fédération, puis à 17 h 09 avec l’information selon laquelle Sigried Debruyne va contester judiciairement les conditions de sa révocation.