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Continuer la lectureQui est l’enseigne la moins chère ? Système U fait (partiellement) condamner Lidl
La coopérative avait attaqué le discounteur pour ses campagnes de pub comparative dans lesquelles celui-ci assurait que ses prix étaient environ 10 % plus bas.
En septembre dernier, sur le plateau de LCI, le très flegmatique PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, haussait un peu le ton et affirmait vouloir « s’expliquer devant les tribunaux » avec un concurrent. Le rival en question ? Lidl. L’origine du courroux ? Une succession de trois campagnes publi...
Aux termes d’échanges et expertises pointus sur les périmètres de comparaison couverts, ainsi que la nature des produits et le nombre de références étudiés, le distributeur allemand a été sanctionné essentiellement pour la première de ses trois campagnes. Celle-ci ne donnait pas assez d’informations précises sur son site, nécessaires à la vérification des allégations, comme des fiches comparatives des articles par exemple. Cette campagne diffusée en septembre 2023, en plein pic d’inflation, a aussi été qualifiée de trompeuse : l’un des slogans associé prétendait en effet que Lidl avait « tout comparé… vraiment tout », laissant entendre que l’écart de prix était global sur l’ensemble des produits. Or, les prix avaient été relevés sur 224 références seulement (102 produits de marques nationales quand Lidl en commercialise 876 et U beaucoup plus, et 122 MDD). Dans ces exercices où le poids des mots est important, le discounter avait ensuite corrigé le tir dans ses campagnes suivantes, en renonçant aux slogans controversés et en donnant accès aux informations plus directement (liste des produits comparés, etc.).
U, qui s’estimait par ailleurs dénigré, n’a en revanche pas été suivi sur ce point. Dans le détail, le groupement de magasins indépendant n’avait pas apprécié que Lidl mette en scène sur les réseaux sociaux un chien éberlué censé être un concurrent déboussolé par les résultats. Une image « humiliante et péjorative » selon la Coopérative, qui s’appuyait sur une affaire précédente : lors de son arrivée sur le secteur de la livraison à Paris en 2018, E.Leclerc avait comparé Monoprix et ses clients à des pigeons, compte tenu des très forts écarts de prix avancés. Ce qui lui avait valu une condamnation à verser à son concurrent 350 000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi et 100 000 euros pour dénigrement et atteinte à son image. Dans le dossier Lidl/U, le tribunal de commerce de Créteil saisi de l’affaire – à la date des faits, les sièges des deux rivaux étaient distants de quelques centaines de mètres seulement à Rungis, dans le Val-de-Marne - a pour sa part estimé que la représentation d’un chien « ne saurait en elle même être critiquée et constitutive de dénigrement en soi, le chien étant un animal domestique très apprécié par la majorité des Français. » Contacté, Lidl - qui a la possibilité de faire appel - n’avait pas encore répondu au moment de la publication, alors que U n’a fait aucun commentaire.