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Grande conso

Match tendu entre Snipes et Footkorner pour exploiter l’image du PSG

Devenue partenaire exclusif du club parisien, l’enseigne streetwear et de sneakers n’a pas apprécié que son rival utilise la notoriété de Dembélé and Co dans ses pubs.

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THOMAS SAMSON / AFP

La bataille des marques pour profiter de l’aura du PSG fait rage depuis des années. Mais le deal signé en septembre entre le club de foot et Snipes vient de faire monter la tension d’un nouveau cran. Devenue « partenaire premium global » (en échange d’une dizaine de millions d’euros par an selon le site spécialisé Sportune) , la chaîne de magasins de sneakers et streewear affiche désormais son nom à l’arrière du maillot du PSG en Ligue 1. Et pour le nouveau venu, pas question de laisser un rival marcher sur ses platebandes. À peine l’encre du contrat était-elle sèche que Snipes se tournait vers le PSG pour se plaindre d’un non-respect de son exclusivité, après avoir observé des messages publicitaires de la chaîne Footkorner. Selon nos informations, le champion de France a du coup adressé à cette dernière plusieurs mises en demeure pour qu’il cesse d’utiliser son image.

Dans l’histoire, deux concurrents se font face. Appartenant au géant de la chaussure allemand Deichmann (8,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023), Snipes compte déjà 750 boutiques en Europe ainsi qu’aux États-Unis et a un très gros appétit en France où elle s’est implantée en 2018. Dans l’Hexagone, le réseau totalise 34 magasins et s’enrichira bientôt de 15 points de vente rachetés à Courir. En face, l’enseigne Footkorner, fondée en 2008 puis reprise en 2012 par les frères Birame et Cyrille N’diaye, revendique plus de 60 boutiques. Jusqu’à l’arrivée de Snipes, cette dernière avait l’habitude d’utiliser l’image et la marque du PSG auprès de sa très large communauté : 800 000 abonnés sur Instagram, 160 000 sur Facebook et autant sur TikTok.

Durant l’automne, alors que Snipes voulait surfer sur le troisième modèle de maillot de la saison 2024-2025, Footkorner a continué d’exploiter l’image du PSG malgré les mises en demeure du club. Les commissaires de justice ont constaté qu’elle opérait la « promotion des mêmes maillots sans la mention Snipes dans l’environnement PSG ». Pour le club de la capitale, ce comportement présentait toutes les caractéristiques du parasitisme, en laissant penser aux non avertis que Footkorner était un partenaire au même titre que Snipes. Statuant en référé le 11 décembre, le tribunal de commerce de Versailles a ordonné à Footkorner de supprimer les publications mises en cause sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, TikTok, X, etc.) et sur les plateformes (Youtube, Twitch, etc.), avec une astreinte de 500 euros par jour de retard et par infraction constatée, à partir du 11 janvier et pendant deux mois.

Il a également été interdit à l’entreprise d’utiliser, sur les mêmes réseaux sociaux et plateformes, toutes les marques et signes distinctifs détenus par le PSG, ce qui inclut le logo, mais aussi le slogan « Ici c’est Paris » ou « Paris est magique », ainsi que les maillots ou toute référence aux collaborations du club. Avec, cette fois, une astreinte de 1 000 euros par infraction constatée. De son côté, le PSG n’a pas obtenu les 100 000 euros de dommages et intérêts réclamés pour préjudice subi, se bornant à récupérer 3 000 euros pour frais de justice. Contactés, le PSG, Snipes et Footkorner n’avaient pas encore répondu au moment de la publication. Mais l’Informé a pu constater que Footkorner avait cessé d’utiliser l’image du club sur ses réseaux. 1-0.

Le PSG mauvais payeur 
Le club parisien n’obtient pas toujours gain de cause devant les tribunaux… Deux jours après l’ordonnance de référé évoquée ci-dessus, il était cité dans un dossier de paiement tardif de ses fournisseurs. En 2021, suite à une enquête de la DGCCRF, le PSG avait écopé d’une amende de 700 000 euros. Sur 4 617 factures contrôlées portant sur un montant total de 44,6 millions d’euros, les limiers de Bercy avaient constaté un retard moyen de 35 jours sur 53 % d’entre elles. Ce qui a représenté une rétention de trésorerie de 3,2 millions d’euros selon l’administration. Après avoir échoué à faire annuler l’amende devant le tribunal administratif, le club n’a pas eu plus de réussite devant la cour administrative d’appel de Paris, qui a rejeté sa requête.