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Continuer la lectureLes copies du biscuit Mikado bientôt retirées du marché
Le géant Mondelez vient de remporter une bataille contre un fabricant de marques de distributeurs dont les produits ressemblaient beaucoup à ses célèbres bâtonnets.
Amateurs des Twisty d’Intermarché, des Stick de Carrefour ou des Délix de Leclerc, faites des stocks ! Selon nos informations, le groupe Mondelez, fabricant des Mikado en France, vient d’obtenir que ces biscuits un peu trop ressemblants aux siens, vendus sous marque de distributeur, disparaissent rap...
Avec ses bâtonnets nappés de chocolat, le faiseur a été reconnu coupable d’avoir « porté atteinte » à la marque Mikado, dûment enregistrée et protégée. La cour d’appel de Versailles lui interdit désormais « toute fabrication, commercialisation, promotion et publicité, et plus généralement toute exploitation, directement ou indirectement, des biscuits querellés ». Avec une astreinte provisoire de 200 euros par infraction constatée. Cette décision s’appliquera après un délai de trois mois, le temps d’écouler les produits toujours présents dans les rayons des magasins ou les entrepôts des drives.
C’est notamment la forme et la présentation du biscuit qui ont entraîné ce différend. Face au bâton lisse des Mikado, Poult a mis au point un bâtonnet torsadé pour ne pas prêter le flanc à la critique, ou être taxé de copie pure et dure… À en croire le fabricant de MDD, l’élaboration de ce produit lui aura demandé quatre ans et un investissement de 8 millions d’euros. Mais cela n’aura pas suffi à convaincre les magistrats ; ils ont estimé qu’il existait « une proximité visuelle et conceptuelle certaine » entre les références. « L’importance de nos marques, et donc leur protection, est cruciale (…), se félicite Mondelez. La décision de la Cour d’appel de Versailles reconnaît les droits de propriété intellectuelle des marques du groupe. Mikado est un produit emblématique de notre portefeuille, fabriqué exclusivement à Cestas (Gironde) pour l’ensemble du marché européen. » De son côté, Biscuit International n’a pas souhaité faire de commentaires. L’industriel pourrait décider de porter l’affaire en cassation, mais cette procédure n’est, sauf exception, pas suspensive.
Pour la petite histoire, le biscuit connu en France sous le nom de Mikado est originaire du Japon, où il est vendu sous la marque Pocky avec des dizaines de déclinaisons étonnement exotiques pour un consommateur français : fraise, thé vert matcha, mangue, banane, ou même… goût pizza. La société nippone Glico en a confié la licence pour l’Europe à Mondelez, via une société commune, Generale Biscuit Glico France. Les ventes de cette dernière ont atteint 62 millions d’euros en 2021 (dernières données disponibles) pour un résultat net de 9,5 millions. Objet d’une campagne de publicité autour du claim « Mikado, la petite faiblesse qui vous perdra » dans les années 90, la marque bénéficie chaque année de budgets de communication de plusieurs millions d’euros. Ce qui a aidé à faire progresser les tonnages. En France, les ventes du Mikado au chocolat au lait sont ainsi passées de 850 tonnes en 1994 à 3 000 tonnes en 2020. À 15 euros le kilo environ, cela représente près de 45 millions d’euros en prix de vente consommateur pour cette seule référence.
Protégé par un brevet, Mikado est une petite poule aux œufs d’or de Mondelez. Vendue au kilo beaucoup plus cher que les autres marques du groupe (Milka, Côte d’or) c’est une pépite que le géant américain (plusieurs milliards de chiffre d’affaires en France) défend donc bec et ongles, partout où il est présent. D’ailleurs, une autre procédure est en cours depuis des années (pour contrefaçon), contre le fabricant allemand Griesson de Beukelaer et le grossiste français Solinest.