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Grande conso

« Fumer tue » : Philip Morris devra aussi alerter les consommateurs de tabac à chauffer

Le cigarettier a été débouté par le Conseil d’État. Il tentait un référé pour éviter d’inscrire des messages de prévention sur ses cigarettes électroniques.

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HANNES P ALBERT / dpa Picture-Alliance via AFP

Toutes les cigarettes électroniques ne fonctionnent pas avec un liquide aromatisé. Certaines chauffent des petites cigarettes à haute température et permettent ainsi d’inhaler des aérosols issus du tabac, contenant de la nicotine. Ces produits n’ont pas les faveurs de l’Organisation mondiale de la santé, qui les estime aussi nocifs que le tabac. Le législateur français a donc décidé d’y faire apposer les mêmes messages de prévention que sur les paquets classiques. Dans un arrêté du 17 juillet dernier, il donne ainsi aux fabricants jusqu’au 23 octobre 2023 pour modifier leurs étiquetages... Untexte que Philip Morris a attaqué en référé cet été devant le Conseil d’État, évaluant le coût du changement de packaging à 800.000 euros. Mais la juridiction vient d’écarter le caractère urgent de la requête. Selon elle, il n’est pas démontré que ce coût représente une part importante du chiffre d’affaires de la société. En 2021, les ventes du mastodonte américain ont atteint 499 millions d’euros en France et 159 milliards de dollars dans le monde.

Pour l’instant, le tabac à chauffer ne fait pas un carton dans l’Hexagone : il y est bien moins consommé qu’au Japon par exemple, où il a déjà capté un cinquième du marché. Mais les fabricants comptent sur ces nouveaux usages pour relancer la croissance du secteur, alors que les ventes globales chutent rapidement. Si Philip Morris se montre si pugnace devant les tribunaux, c’est qu’il espère devenir une entreprise sans cigarettes à combustion (smoke-free) et concentrée sur le tabac à sucer ou à chauffer. Le groupe reste pour l’heure le numéro un mondial du tabac avec 600 milliards de cigarettes vendues chaque année.