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Continuer la lectureFoodtech : en difficultés financières, Swap (ex-Umiami) change de patron
Fondée en 2019 par Tristan Maurel et Martin Habfast, cette start-up de l’agroalimentaire, lauréate du French Tech 120, tente de se refinancer auprès de ses investisseurs et prêteurs.
Les start-up de la French Tech souffrent, et plus encore celles de l’agroalimentaire. La première d’entre elles, Ynsect, a été placée en redressement judiciaire en mars, tandis qu’Agronutris, spécialisée dans les protéines d’insectes pour l’alimentation animale risque de se retrouver à court de cash ...
À l’automne 2023, la jeune pousse avait décroché une extension de 32,5 millions d’euros de sa levée de fonds précédente auprès de Bpifrance, Astanor (le VC qui avait accueilli en grande pompe Emmanuel Faber en 2021… et également au capital d’Ynsect), Redalpine, Newfund et Verso Capital. Une opération portant les fonds obtenus par la start-up depuis sa création il y a cinq ans à plus de 100 millions d’euros, en incluant les dettes. La somme est conséquente et a notamment permis de racheter à Unilever une usine de 14 000 mètres carrés à Duppigheim en Alsace.
Problème : en dépit des montants levés, Swap peine à faire décoller son activité. Fin 2024, son chiffre d’affaires n’a atteint qu’1 million d’euros, selon nos informations. Dans un courrier adressé à ses investisseurs, la start-up explique que la montée en puissance de la production dans son usine a été « entravée par des niveaux de tests et de déchets, avec des efforts encore nécessaires pour atteindre (les) objectifs en matière de de coûts de production. »
Autre difficulté évoquée : des retards dans le déploiement commercial. « Malgré d’excellents retours sur les produits, des cycles de vente longs et une adoption du marché plus lente que prévu ont affecté nos objectifs de revenus », explique la société, qui bénéficiait toutefois d’une trésorerie positive de 13,6 millions d’euros à fin 2024. Des écarts importants sur la feuille de route qui ont coûté cher à la direction.
Selon nos informations, son cofondateur et CEO Tristan Maurel, 28 ans, a dû céder son poste. Il endosse désormais le rôle de président du conseil d’administration et de l’Amérique du Nord - un vaste marché que Swap espère pénétrer. En parallèle, son associé historique, Martin Habfast, qui endossait depuis deux ans le rôle de Chief growth officer, ne figure plus dans l’organigramme depuis le début de l’année, mais reste actionnaire. Une transition qui a nécessité l’intervention du manager par intérim Pascal Sutter, entre novembre 2024 et janvier 2025. Depuis, les actionnaires ont décidé de confier les rênes du spécialiste du poulet végétal à Hervé Salomon, connu pour être passé par des postes de direction chez Kraft Foods, Mondelez, Pierre Martinet et Upfield.
Mais la tâche s’annonce ardue. Les besoins de financement estimés par l’entreprise sont d’environ 9 millions d’euros jusqu’à la fin de l’année et de près de 30 millions jusqu’à fin 2026. Swap va donc être obligé de se refinancer en mettant en ordre de marche ses actionnaires et ses créanciers, avec lesquels il renégocie actuellement un différé dans le remboursement de sa dette pour réduire son besoin en fonds propres. Condition sine qua non à une levée de série B qui, si elle était menée maintenant, diluerait très fortement les actionnaires existants.
En attendant, les initiatives commerciales se poursuivent. En avril, Swap a décidé de s’associer à son concurrent espagnol Heure pour lancer un filet de poulet végétal dans les rayons des supermarchés de France, d’Espagne et du Portugal. Un produit qui sortira directement de l’usine alsacienne du français pour s’adresser à quelque 2 000 magasins.
Contactés, la direction de Swap et les actionnaires n’ont pas souhaité commenter.