Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Grande conso

Europe Snacks : la vente du roi des biscuits apéritifs proche du but

Une poignée de fonds se disputent ce fournisseur d’Auchan, Leclerc ou Lidl, aujourd’hui contrôlé par Seven2. Mais les discussions comportent plusieurs inconnues.

Photo
DenisMArt - stock.adobe.com

Entre le roi des biscuits apéritifs Europe Snacks et son actionnaire Seven2, l’histoire a débuté il y a onze ans… Une éternité pour des fonds de private equity classiques, qui conservent leurs actifs en général entre trois et sept ans. Mais l’heure de la sortie approche pour l’investisseur, qui a cha...

La short-list retenue par Seven2 comprend au moins trois noms. On retrouve d’abord OneRock, un fonds new-yorkais gourmand de business industriels qui cherche à faire son tout premier investissement en France. Mais Europe Snacks n’est pas sa seule cible : après avoir échoué à racheter le fabricant de poubelles Sulo, cet investisseur s’est positionné sur Verescence, flaconnier des parfums Dior, Hermès ou Chanel.

Face à lui, le britannique TowerBrook est également en lice. Contrairement à OneRock, cet investisseur commence à collectionner les participations dans des entreprises françaises comme les groupes de conseils Talan, Epsa ou Efeso, l’organisateur de défilés de mode The Independents, l’entreprise de nettoyage GSF ou le champion de la maintenance aéronautique Sabena Technics.

Le troisième compétiteur serait le fonds américain Platinum. Cet investisseur est l’actionnaire majoritaire de l’alter ego d’Europe Snacks dans les gâteaux sucrés vendus sous marque de distributeur, Biscuit International, fruit de l’union du français Poult avec plusieurs autres industriels étrangers comme le néerlandais Banketgroep. Il n’en faut pas plus pour que se dessine la perspective d’une union entre les deux entreprises sous l’égide de Platinum débouchant sur la création d’un géant des « private labels ». L’investisseur brigue toutefois le contrôle d’Europe Snacks avec un véhicule différent de celui qui détient Biscuit International, semblant signifier qu’un rapprochement entre les deux entreprises ne se concrétiserait pas dans l’immédiat…

Mais une autre grande question persiste à ce stade des négociations : y aura-t-il d’autres investisseurs dans le sprint final, histoire de pimenter les enchères, et mettre davantage Seven2 en position de force ? Le doute subsiste particulièrement autour de CapVest, un fonds britannique avec qui Seven2 avait été à deux doigts de faire affaire en 2019 lors d’une première tentative de vente. Cet investisseur, qui aurait bien remis une offre à l’issue du premier tour, n’a toutefois pas la réputation de surpayer ses acquisitions. D’autres auraient regardé plus ou moins sérieusement le dossier : les français PAI Partners et Ardian, les américains Lone Star et Advent ou encore le suisse Jacobs Holding - la société d’investissement de la famille Jacobs, le principal actionnaire du chocolatier Barry Callebaut.

Les débats entre les acheteurs et le vendeur se poursuivent dans un contexte porteur pour Europe Snacks, dont la valorisation, estiment certains, pourrait aller jusqu’à 900 millions d’euros environ. Le groupe a généré 650 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 pour un Ebitda de 84 millions, un niveau de rentabilité qu’il compte porter à 96 millions d’euros cette année. L’industriel, qui a su dompter l’inflation en parvenant à passer la hausse de ses coûts dans ses tarifs, occupe une place de choix auprès de la grande distribution en France mais aussi au Royaume-Uni, parvenant à faire oublier des déconvenues comme son déréférencement par l’espagnol Mercadona il y a quelques années.